Affiche du film Grande Ourse - La clé des possibles
© Alliance Vivafilm

Grande ourse - La clé des possibles

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Grande Ourse - La clé des possibles
26 mars 2009

L'astrolabe déréglé

Photo Par Karl Filion
Retrouvant la complicité qui a fait le succès de la série télévisée (qui misait aussi, me dit-on, sur une intrigue particulièrement élaborée), Lapointe, Biron et Gastonne sont de retour, mais dans un film cette fois-ci, afin de résoudre les mystères de Grande Ourse - La clé des possibles. Un mystère assez palpitant pour tenir la distance au cinéma, avec des personnages intéressants et des comédiens talentueux qui ajoutent un humour de situation satisfaisant. Cependant, le récit est bourré « d'impossibilités » qui le rendent moins efficace, moins enlevant.

Lorsque son ami Biron est enlevé par une mystérieuse sorcière, Lapointe n'a d'autre choix que de se lancer dans un monde parallèle où il devra trouver avant minuit la clé des possibles, une relique qui donne accès à tous les mondes possibles des choix que chacun ne fait pas. Dans cet univers, il retrouve Biron et Gastonne, maintenant parents, et une gentille libraire qui va l'aider à résoudre l'énigme et à sauver son ami et son âme.

Comme d'habitude, retrouver des personnages qu'on a aimés à la télévision est un grand plaisir pour les fans de la première heure. Mais les personnages secondaires de cette nouvelle aventure, Charles et Christine Foucault tout particulièrement, son esquissés grossièrement et leurs motivations, absconses et impénétrables, semblent faibles en comparaison avec celles des trois personnages principaux, entre lesquels la complicité est bien plus palpable. Les comédiens sont à la limite de la grandiloquence sans que ce soit incongru puisque la réalisation, souvent inspirée, entoure de mystère ce rare film de science-fiction québécois.

La direction photo est spécialement juste, différenciant efficacement les deux mondes parallèles. Dommage que ces derniers n'exploitent pas jusqu'au bout les possibilités philosophiques d'un tel concept; la notion de réalité, celle des « mondes possibles » aussi, étaient pourtant fascinantes mais demeurent inexplorées. D'autant que des « univers parallèles », il n'y en a que deux alors qu'il devrait y en avoir une infinité, qu'il est assez farfelu de sortir miraculeusement un vieux livre donnant le truc pour entrer en contact avec l'autre monde. La finale, cependant, est satisfaisante même si un peu moralisatrice à la « si tu veux, tu peux.». Dommage aussi que le scénario soit troué à plusieurs endroits, entre autres lors d'un enlèvement improbable et de l'explication qui s'ensuit.

S'il est particulièrement inspiré par moments, avec des « plongées extrêmes » fascinantes, le réalisateur Patrice Sauvé cerne bien le récit (peut-être un peu trop d'ailleurs; jusqu'à friser l'anecdotique) et connaît bien ses personnages. Des moments d'émotion pure sont aussi d'une grande efficacité, pourtant, d'autres séquences plus mystérieuses, au montage épileptique, fonctionnent beaucoup moins bien.

Passage satisfaisant au grand écran pour un univers qui aurait gagné à être plus universel et plus logique. Les écarts en ce sens ne gâchent pas le plaisir, mais viennent éloigner les meilleures scènes les unes des autres. Le jeu des comédiens maintient le tout ensemble et, au final, Grande Ourse - La clé des possibles s'avère être suffisamment convaincant sans être mémorable.
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Photo Karl Filion

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