Affiche du film  Eddie the Eagle
© 20th Century Fox

Eddie l'aigle

Version en français
v.o.a. : Eddie the Eagle
26 février 2016

Givré

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

L'histoire de Eddie the Eagle en est certainement une inspirante. Un jeune dont le rêve est de se rendre jusqu'aux Jeux olympiques, mais dont les habiletés sportives sont limitées, s'avère un sujet riche en rebondissements, en humour et en émotion. Le film possède des failles évidentes, mais aucune d'entre elles n'est suffisamment toxique pour miner ses qualités. 

Bien qu'il y aurait eu place à un humour plus noir et incisif, Eddie the Eagle choisit plutôt la retenue. Il y a certaines séquences assez comiques, mais la satire n'est pas le noeud de la guerre. Les scénaristes ont opté pour l'émotion et les bonnes valeurs aux dépens de la dérision, et le choix n'est pas déshonorant, au contraire. On s'attache à ce personnage à la fois malhabile et incroyablement persévérant. Les efforts que le jeune homme déploiera afin d'accomplir ses rêves sont sidérants, et inspirants.

Il est très rare que les drames biographiques célèbrent les participants. Les films de ce type glorifient généralement les médaillés d'or ou ceux qui ont échappé au podium des suites d'une injustice ou d'un drame personnel, mais les héros « de la participation » sont pourtant aussi louables que les champions en titre. On ne cesse de ressasser aux jeunes l'importance de la participation, alors pourquoi ne nous arrêterions-nous qu'aux victoires quand les défaites cachent souvent des histoires tout aussi valeureuses?

Taron Egerton, qu'on a pu voir en tête d'affiche de Kingsman: The Secret Service, livre une vibrante performance dans le rôle principal. Les manies, la gestuelle et l'ensemble de la physionomie atypique d'Eddie encouragent l'attachement du public et en font un héros hors du commun. On ne peut malheureusement pas en dire autant du personnage de Hugh Jackman, qui semble être un Wolverine entraîneur. Bien qu'il ne soit pas un mutant et ne possède pas la faculté de se régénérer, les ressemblances sont nombreuses entre cet alcoolique amer et asocial et le X-Men Logan. C'est probablement pourquoi on sent le manque de profondeur du coach, ancienne vedette de saut à ski. Probablement que la production voulait attacher un nom connu à sa distribution et a imaginé un alter ego à Wolverine pour s'acquitter de cette tâche.

La réalisation est assez sobre, mais somme toute, assez efficace. Il n'y a que ces prises de vues qui montrent le visage du skieur en descente - à l'image des vidéos tournées avec une GoPro - qui ne cadrent pas dans l'esthétisme de l'ensemble. Elles sont dichotomiques et, à un certain niveau, nuisibles.

Eddie the Eagle surprend, par son sujet d'abord, par son caractère ensuite. Le film prouve que les drames sportifs n'ont pas à présenter ni la victoire, ni l'échec, la seule persévérance et le courage sont suffisants pour représenter les valeurs qu'il cherche à déployer, parce qu'on le sait : « L'important, c'est de gagner, ce n'est pas de participer. »

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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