Affiche du film  Dredd
© Alliance Vivafilm

Dredd

Version en français
v.o.a. : Dredd
21 septembre 2012

Méga-blocks

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Bon... Mes attentes envers ce film de science-fiction aux allures d'une oeuvre de série B nanti d'un budget excessif étaient, à prime à bord, très basses. Puis, il y a eu les commentaires positifs de certains critiques internationaux qui ont commencé à bombarder le web, me laissant croire à une mauvaise première impression de ma part. Je me suis donc présentée hier dans cette salle de cinéma, dubitative et perplexe face au genre d'oeuvre que je m'apprêtais à visionner. Le problème majeur réside dans le fait que cette incertitude a perduré pendant la projection et subséquemment. Dredd est-il un bon film dans son genre? Une question qui m'asticote toujours et que je tente de résoudre ce matin.

La violence dans Dredd est omniprésente et « nécessaire ». Nécessaire parce qu'elle fait partie de l'univers sur-criminalisé (ou de méga-criminalité; « méga » étant un préfixe privilégié par la production dans sa version française) et sanguinaire de cette méga-cité. Elle se devait d'être à ce point ubiquiste afin de bien illustrer la perdition du monde dans lequel travaillent les justiciers. Pourtant, il est évident, malgré son rendu convaincant (les têtes explosent de manière très « crédible »), qu'elle peut déranger les coeurs sensibles. Des corps décapités et des cerveaux liquéfiés, il y en a nombre dans Dredd.

Bien que l'histoire et les détails de la trame narrative ne soient pas nécessairement les éléments les plus importants pour les initiateurs de ce projet, le récit aurait tout de même bénéficié de quelques resserrements. Pourquoi y-a-t-il des mutants? Qu'est-il arrivé au monde contemporain? Pourquoi une médium ne peut pas prévoir les attaques plutôt que d'attendre, anxieuse, qu'on vienne la défier? Ce sont ce genre de questionnements qui nous turlupinent (ou peut-être n'est-ce que moi?) et nous empêchent d'apprécier la suite.

L'idée entourant la drogue du « slo-mo », une mixture qui vous donne l'impression que le temps s'écoule plus lentement que la normale, était ingénieuse, mais elle a été sous-utilisée. Elle initie l'action et on en parle à quelques reprises, mais elle devient rapidement secondaire, voire insignifiante. Cette dernière permettait pourtant de justifier l'utilisation du 3D (je ne croyais pas un jour qu'un élément dans un film justifierait l'adoption d'une telle technique) grâce à des images chatoyantes, au ralenti, qui démontrent l'effet hallucinant du produit.

Dredd contient également son lot de phrases et de répliques clichées qui empêchent le public d'entrer complètement dans l'univers du film, désorienté par l'ironie et la risibilité de la situation. On lance, par exemple, des tirades telles que « L'heure du jugement a sonné » ou « Donnons-leur la bonne nouvelle » avant de projeter des grenades aux visages des victimes. Un aspect inutile et fort grotesque de cette méga-production.

Après maintes réflexions et analyses, je crois devoir affirmer que Dredd s'avère un divertissement acceptable pour un public friand d'oeuvres de série B et de films d'action sanglants. Ce n'est, par contre, pas pour autant qu'il est la surprise et le coup de théâtre que certains annoncent. Dredd reste à mes yeux un long métrage anonyme qui amassera peut-être quelques dollars au box-office (peut-être même jusqu'à atteindre son budget de 45 millions $), mais qu'on oubliera rapidement malgré ses méga-carnages, ses méga-costumes et ses méga-blocks.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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