Affiche du film  Do Not Disturb
© Métropole Films Distribution

Do Not Disturb

Version originale en français
12 juin 2013

Même pas game

Photo Par Karl Filion

Mettons tout de suite quelque chose au clair : Do Not Disturb n'est pas un grand film. C'est une proposition bien maladroite qui n'a apparemment aucune idée de ce qu'elle doit faire avec ce sujet délicat de deux amis hétéros qui veulent s'affranchir des conventions et tourner un film porno gai (excepté des jeux de mots, ça il y en a). La principale preuve est que la finale, complètement ratée, contourne le sujet et abandonne les thématiques du film pour tomber dans un consensus incohérent. Cela passe bien près de gâcher le film, tellement tout semble alors inutile et dénué de sens et d'intérêt.

Pourtant, ce remake du film américain indépendant Humpday, de Lynn Shelton, est une comédie efficace. Le film est bien rythmé, court, souvent drôle, surtout grâce aux deux comédiens principaux, Yvan Attal et François Cluzet, qui sont deux acteurs en plein contrôle, capables de se donner la réplique avec énergie et conviction. Laetitia Casta est tout à fait charmante, elle qui a l'habitude des rôles bien moins consistants. Le problème se situe sans doute en dehors de leur groupe, alors que des personnages secondaires absurdes sont placés dans des situations incongrues qui n'ajoutent rien au récit.

Le flottement narratif tient peut-être du fait que le film dévie de sa trajectoire pour opposer confort et ouverture d'esprit, bourgeoisie et art, évitant du même coup le véritable thème inédit ici. Plus le film avance, plus les longues scènes dialoguées deviennent arides, marginales, complètement étrangères du sujet. Des tas de sous-thèmes ou sous-intrigues qui n'enrichissent pas la trame principale. Et avec cette finale dégonflée, que reste-t-il? Quelques rires et Laetitia (<3).

Le travail d'Attal derrière la caméra va dans le même sens : pragmatique, efficace, mais pas « inspiré ». Disons qu'il ne parvient pas à faire oublier les maladresses du scénario avec ce travail anonyme, qui parvient tout de même à tirer le meilleur des trois acteurs principaux. Les quelques revirements prévisibles alourdissent le rythme, alors que le film doit déjà faire des pieds et des mains pour rendre plausible sa proposition.

L'amitié entre hommes hétéros est un sujet extrêmement complexe à saisir et encore plus au cinéma. Malheureusement, et malgré ses prémisses, Do Not Disturb n'aborde pas le problème de front, et il rate cette opportunité d'en dire quelque chose d'inspiré. Peu convaincant en tant qu'objet d'observation sociale, le long métrage d'Yvan Attal (son troisième en tant que réalisateur-scénariste) ne rate au moins pas la comédie. C'est au moins ça...

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Photo Karl Filion

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