Affiche du film  Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E
© Warner bros. Canada

Des agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E

Version en français
v.o.a. : The Man from U.N.C.L.E.
13 août 2015

Tape-à-l'oeil

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Il y a de ces films qui sont beiges. Malgré tous les efforts déployés pour les rendre excitants, ils restent fades et sirupeux. The Man from U.N.C.L.E. s'ajoute malheureusement aujourd'hui à cette longue liste d'oeuvres monotones, malgré leurs additifs concentrés. Le cinéma de Guy Ritchie possède un style particulier, une personnalité unique qui le différencie généralement des productions de ses collègues, mais même Ritchie - qui avait fait un travail de caractérisation particulièrement efficace avec l'univers de Sherlock Holmes - n'arrive pas à sortir Napoleon Solo et Illya Kuryakin de leur mièvrerie congénitale.

Indépendamment, Henry Cavill et Armie Hammer font de bons agents secrets - même Alicia Vikander se débrouille plutôt bien -, mais il leur manque une synergie, nécessaire à un tel duo d'espions. Malgré le fait qu'il s'agisse d'ennemis forcés de collaborer pour le bien collectif, les deux acteurs devraient entretenir une chimie qui permettrait au public de s'y attacher. Malheureusement, Cavill et Hammer agissent en solo du début à la fin et n'arrivent jamais à susciter l'affection des spectateurs.

Esthétiquement parlant, il faut, par contre, dire que l'oeuvre est réussie. Les années 60 sont une période riche, tant politiquement, culturellement qu'artistiquement. Au-delà de la direction artistique - qui est ici presque sans faille -, le réalisateur a choisi des effets moins usuels dans le cinéma moderne, mais qui colle pourtant bien à l'époque exploitée. Le « split screen » en est un bon exemple, et son utilisation s'avère ici plutôt efficace narrativement parlant. On a aussi tenté d'affubler une touche d'humour à la production. La manière avec laquelle on a choisi de l'amener se fait principalement à travers des actions hors champ. Les premières scènes conçues de cette façon sont assez compétentes, mais la technique perd de sa productivité au fils du temps.

Le principal problème du long métrage réside dans son histoire. On nous l'expose à la va-vite, comme si cette dernière n'était pas le principal intérêt de l'oeuvre. Il va s'en dire qu'elle ne l'est probablement pas, mais il aurait fallu que les scénaristes y croient pour que l'ensemble se tienne. On nous balance au visage les prémisses de l'histoire; les Russes contre les Américains, le mur de Berlin, la Seconde Guerre mondiale, une bombe nucléaire, mais tous les éléments ne forment pas le tout qu'ils devraient créer. On reste accroché quelque temps aux facéties des deux espions de camps ennemis qui se chamaillent, mais on finit par perdre l'intérêt et, comme l'histoire n'est pas suffisamment intéressante pour nous retenir, on attend la fin prévisible légèrement agacé par les détours que les auteurs empruntent pour tenter de nous confondre.

The Man from U.N.C.L.E n'est pas le pire film de l'année, mais il ne s'agit pas non plus d'un « bon film » d'espions. Le long métrage de Guy Ritchie n'arrive pas à la cheville des Mission: Impossible et autre 007 de ce monde. On aime la signature du réalisateur de Snatch, mais on aurait préféré trouver quelque chose, de la substance, sous son tape-à-l'oeil... Peut-être une autre fois.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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