Affiche du film  Danny Collins
© Remstar

Danny Collins

Version en français
v.o.a. : Danny Collins
9 avril 2015

La renaissance du phénix

Photo Par Martin Gignac

On le croyait perdu à jamais, comme tous ces has been qui vivent sur du temps passé et emprunté. Al Pacino a déjà été le meilleur acteur de son art. C'était il y a de nombreuses décennies, dans les années 70 plus exactement. Depuis il enchaîne les productions sans séparer le bon grain de l'ivraie. Autant ses choix pour la télévision demeurent plus que respectables (difficile de se tromper avec Angels in America, You Don't Know Jack et Phil Spector), autant il n'a rien fait de mémorable au cinéma depuis Insomnia en 2002, voir même The Insider à la fin du siècle dernier. C'était avant que survienne le projet Danny Collins.

Pas que ce nouveau long métrage soit formidable, loin de là. Cette histoire de seconde chance d'un chanteur populaire qui trouve enfin le courage - merci John Lennon! - de faire la musique qu'il aime demeure terriblement classique et attendue. Les morales d'usage sont heureusement généralement évitées et il y a même une certaine satire cocasse du monde du spectacle. Reste que le scénario, un brin superficiel de Dan Fogelman et sa réalisation somme toute conventionnelle (sa première en carrière, après avoir écrit les prémisses de l'hilarant Crazy, Stupid, Love et des deux épisodes de Cars) s'avèrent dans l'ordre des choses.

Sauf qu'il y a Al Pacino pour élever les enjeux et amener ce supplément d'âme qui fait toute la différence. Pour une rare fois depuis longtemps, on ne le sent pas sur le pilote automatique et il évite d'être la simple caricature de lui-même. Il s'investit totalement dans ce rôle qui lui va comme un gant, étant dirigé avec doigté. Jouer enfin un personnage de son âge lui permet de tomber dans la fontaine de jouvence et d'assurer constamment, autant lorsqu'il titille la fibre comique que dramatique et mélancolique. Il est crédible en chanteur qui veut le bien de son entourage, donnant un souffle et une vivacité au reste de la distribution. Christopher Plummer n'en avait pas besoin car il est toujours excellent, mais certainement la revenante Annette Bening qui n'a pas autant brillé depuis des lustres et Jennifer Garner qui est moins agressante que d'habitude.

Cela est suffisant pour transformer Danny Collins en divertissement agréable et plus qu'honorable. Les dialogues souvent savoureux pétillent amplement et la musique accrocheuse volontairement kitsch et répétitive ne manquera pas de marquer les esprits... pour le meilleur comme pour le pire! "Hey, Baby Doll..." Vous l'avez maintenant en tête? Nous aussi! Et pas besoin d'être un fan de Neil Diamond ou de l'ancien des Beatles - quoique ça aide un peu - pour passer un bon moment. Il faut seulement oublier l'horrible bande-annonce et admirer comment un film aussi prévisible peut être totalement vivifié par une prestation d'acteur plus grande que nature. Celle-là, on ne l'attendait pas. Al Pacino sûrement non plus. En espérant que ça lui serve de leçon pour la suite des choses.

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Photo Martin Gignac

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