Affiche du film  Dallas Buyers Club
© Remstar

Dallas Buyers Club

Version en français
v.o.a. : Dallas Buyers Club
v.o.a.s.-t.f. : Dallas Buyers Club
31 octobre 2013

Respect

Photo Par Karl Filion

Le réalisateur québécois Jean-Marc Vallée, après les remarqués C.R.A.Z.Y. et The Young Victoria (et au moins un autre film, dont je n'arrive pas à me souvenir... :-D) présente son premier long métrage américain, Dallas Buyers Club. Oeuvre à la fois émouvante et divertissante, le film accomplit bien ce qu'il entreprend, à défaut de révolutionner quoi que ce soit. C'est déjà une immense qualité que de bien raconter cette histoire complexe, humaine et émouvante, ne nous trompons pas, et ce film accomplit cette délicate opération avec talent.

La grande qualité de Dallas Buyers Club est de parvenir à placer l'histoire spécifique d'un individu, dans ce cas-ci Ron Woodruff, un électricien texan atteint du SIDA dans les années 80, pour l'inscrire dans la grande Histoire, celle des médicaments proscrits aux États-Unis. Sa lutte contre la maladie est couplée de sa lutte contre la FDA, il ne s'agit donc pas seulement du destin d'un individu qu'il faudrait rendre attachant en manipulant les émotions des spectateurs; l'anecdote rejoint l'universel.

Dallas Buyers Club ne réclame pas votre pitié, Ron lui-même la refuserait, contrairement à tellement d'autres films mélodramatiques où le protagoniste est conçu pour tirer le maximum de larmes. Cela rend le film d'autant plus intéressant à suivre, car il traite avec le respect de rigueur l'intelligence de ses spectateurs, alors que la force du scénario, la profondeur des personnages et la qualité de l'interprétation suffisent amplement à maintenir notre intérêt.

McConaughey et Jared Leto, dans le rôle d'un travesti excentrique lui aussi atteint du SIDA, impressionnent grandement, eux qui offrent des performances physiques senties et dédiées. Leur rencontre et leur amitié improbable se développent lentement et minutieusement, alors que les deux acteurs démontrent l'étendue de leur talent. On ne peut malheureusement pas en dire autant de Jennifer Garner, dont le rôle est souvent délaissé, servant surtout de faire-valoir, de contrepoids. De reaction shot global, en quelque sorte.

Le travail de Jean-Marc Vallée est aussi habile en ce sens qu'il tient ensemble cette histoire malgré ses nombreux personnages et ses péripéties complexes impliquant des questions juridiques et une homophobie anachronique qui est d'autant plus bouleversante qu'elle semble sans solution. On apprend à connaître Ron Woodruff dès les premiers instants, et le personnage se dévoile graduellement grâce à la caméra de Vallée. C'est d'ailleurs surtout dans la première partie du film qu'on sent la signature de Vallée, qui s'efface par la suite pour laisser l'histoire et les interprètes évoluer librement vers une finale respectueuse.

Jean-Marc Vallée profite pleinement du talent des interprètes, du récit évocateur et socialement connoté et appose sur Dallas Buyers Club un style au service du récit. Le résultat est donc souvent émouvant et toujours convaincant. On peut regretter qu'il perde de sa personnalité en cours de route, mais cela n'en affecte pas trop l'efficacité.

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Photo Karl Filion

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