Affiche du film Da Vinci Code
© Sony Pictures

Da Vinci Code

Version en français
v.o.a. : The Da Vinci Code
19 mai 2006

Trop long ou trop court?

Photo Par Karl Filion
On parle de la plus grosse sortie à ce stade-ci de l'année. Da Vinci Code devait être le film qui lance les hostilités de l'été. Il y a la controverse, bien sûr, mais aussi Tom Hanks, et Ron Howard et... 40 millions de lecteurs. Alors la question c'est, faut-il avoir lu le livre, ou pas? Pour mieux se diriger, deux critiques, une de chaque point de vue. La cote et un consensus, le reste une question de perception. D'un côté, et d'abord, on a lu le roman, et de l'autre, on s'en est tenu loin, question de voir ce que cela change à la perception du film.

Pierre-Luc Tremblay

Le problème, c'est que j'ai lu le roman. Maintenant, les intrigues me semblent à peine effleurées, l'action très peu développée et la profondeur des personnages principaux à peine abordée. L'histoire est bien sûr intéressante, mais le bouquin était tellement riche... Dans notre cas, et nous sommes nombreux, près de 40 millions et bien plus encore, on ne peut qu'être déçu.

C'est que tout va trop vite. Si les quelques 500 pages du livre sont passées sous votre nez sans trop vous en apercevoir, l'enquête vous tenant en alerte, il en sera tout autrement du film. L'oeuvre de Ron Howard nous amène de part et d'autre d'Europe en deux heures et demie. L'histoire débute à Paris, se transporte en banlieue, déménage à Londres, avant de s'envoler pour l'arrière-pays anglais, pour finir sa route de nouveau à Paris. C'est bien joli tout ce beau paysage, mais c'est à peine si nous avons le temps de comprendre ce qui se trame devant nos yeux. Tout va donc trop vite.

La force du bouquin résidait dans la lente progression des enquêtes de Robert Langdon et Sophie Neveu. On prenait 70 pages pour nous expliquer l'importance de la rose dans le symbolisme chrétien, la lente progression du Prieuré de Sion ou l'apparition de Marie-Madeleine dans La dernière cène. Intrigant et combien passionnant ! Même si nous savions que les idées avancées n'étaient que pure fiction, nous prenions malin plaisir à tenter de déchiffrer les différents messages. Mais ici, c'est impossible. En aucun temps, le film nous laissera le temps de réfléchir sur la succession d'événements se produisant devant nous. Ça va trop vite ! On ne fait qu'encaisser. C'en est ennuyant. Du coup, le temps semble s'étirer devant nous comme un vulgaire élastique.

C'est donc long et accablant et, en même temps, court et trop rapide. Bizarre. Le film ne rend tout simplement pas justice au roman qui le soutient.

En rafale...
Tom Hanks est froid, même très froid. Nous sommes ici à des années lumières de Forrest Gump.
Audrey Tautou transpire l'inconfort.
Ian Mckellen, quoiqu'un peu trop maniéré vers la fin, est plutôt convaincant.
À noter la brillante utilisation de la couleur et de la lumière lors des séquences de retour en arrière, surtout celles se déroulant aux temps des Croisades. Une recherche formelle impressionnante.
Aux vrais fans seulement, les autres s'abstenir.

Karl Filion

Da Vinci Code est un thriller comme les autres, avec les mêmes, prévisibles, accablants, regrettables, amateurs, déplorables défauts. Ce n'est pas comme si on ne pouvait pas apprendre des autres, surtout quand on a la responsabilité de satisfaire près de 40 millions de lecteurs et tout autant de curieux. On pourrait aussi dire les mêmes qualités, mais de la part du film le plus attendu de l'année, on était en droit d'espérer bien plus que ce semi-suspense incertain, surtout dans l'interprétation.

C'est probablement l'aspect le plus décevant, l'interprétation. Tom Hanks n'est qu'une ombre de lui-même, pâle, presque dubitatif, avance dans l'intrigue presque tiré par cette mauvaise idée de situer une quête si importante et si interpellante pour l'esprit dans une folle poursuite à travers l'Europe. Surtout invraisemblable, pas tellement intrigante puisqu'on sait très bien que tout le monde s'en sortira. Et on sait facilement comment, tellement la réalisation est didactique.

À leur défense, disons que les dialogues d'Akiva Goldsman manquent de piquant, et c'est le moins qu'on puisse dire, parce qu'ils sont souvent presques niais. Ron Howard est mécanique, il utilise son expérience de façon pratique pour montrer, pas pour vivre et certainement pas pour faire vivre. Peu impressionnant.

Alors voilà, Da Vinci Code est un thriller comme tous les autres. Quelques bons moments de tension, quelques moments maladroits. Mais, parce que la déception est toujours inversement proportionnelle aux attentes, alors Da Vinci Code, c'est une attrape, un canular, en tout cas une déception.
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Photo Karl Filion

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