Affiche du film  Crépuscule
© Les Films Séville

Crépuscule

Version en français
v.o.a. : The Darkest Hour
25 décembre 2011

Micro-ondes

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Wow! Un scénario aussi vide, insipide et impertinent, c'est franchement difficile à croire! Je suis encore sous le choc. Quelqu'un d'influent dans le milieu cinématographique hollywoodien a vraiment vu dans ce film un succès du temps des Fêtes? Vraiment? The Darkest Hour aurait dû se retrouver parmi les sorties peu prometteuses de septembre ou de janvier, elle ne devrait pas avoir à affronter les films de Spielberg ou de Fincher, c'est une lutte déloyale et perdue d'avance. Évidemment, je n'irai pas pleurer sur le sort de ce suspense d'épouvante/science-fiction/séries B mineur qui ne mérite en rien mes larmes, même celles de crocodiles.

Si au moins l'idée initiale était un tant soit peu digne de respect, peut-être que mon jugement serait moins impitoyable, mais des extraterrestres qui attaquent les humains pour obtenir les ressources naturelles de la planète, c'est un sujet maintes fois exploité et qui n'en devient pas plus pertinent avec le 3D et de jeunes acteurs montants. D'ailleurs, le jeu forcé des comédiens n'aide en rien à la crédibilité du récit. Je comprends qu'ils vivent des situations excessivement stressantes et troublantes, mais inutile de se rendre à l'attaque cérébrale pour nous faire comprendre leur panique. Chacun des personnages, tous plus naïfs et insignifiants les uns des autres, prend des décisions douteuses qui ne peuvent - règle générale - être simplement expliquées par l'angoisse ou le manque d'expérience; ils sont juste caves.

Les scènes sont souvent coupées par des fondus au noir absolument injustifiés. Les protagonistes s'aventurent, par exemple, dans une ville en déconfiture au beau milieu de la nuit et leur progression est soudainement interrompue par un fondu faisant figure d'ellipse. Tout ça semble très amateur pour un long métrage qui a bénéficié de plusieurs millions de dollars de budget; comme si on aurait voulu faire d'importants sauts dans le temps mais que nous ignorions comment nous y prendre pour le faire convenablement. Mais le public n'est pas sot, et ce genre de procédé dépassé ne peut que l'importuner et le distraire.

La qualité des effets spéciaux est manifestement ce que l'on recherche dans un film comme The Darkest Hour et cet aspect, malgré quelques lacunes évidentes et désappointantes, s'avère probablement le plus arrivé. Le fait que l'ennemi soit invisible (d'ailleurs il devrait le rester jusqu'à la fin puisque c'est au moment où on entrevoit sa force physique que les choses se gâtent) restreint le travail des animateurs et les coûts de production tout en augmentant la tension dramatique de l'oeuvre; une solution efficace dont le film n'a pas su profiter pleinement. Une utilisation abusive d'écrans verts à plusieurs endroits dérange beaucoup tout comme certains décors entièrement créés par ordinateur.

Heureusement, la compétence de la trame sonore vient poser un léger baume sur un tableau peu édifiant. The Darkest Hour ne mérite pas sa place de choix au calendrier ni la campagne publicitaire qu'on lui a si grassement accordée. Si on pouvait, pour un certains temps du moins, abandonner les extraterrestres et les envahisseurs invulnérables, le cinéma ne s'en porterait que mieux.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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