Affiche du film Cloverfield
© Paramount Pictures

Cloverfield

Version en français
v.o.a. : Cloverfield
17 janvier 2008

L'as-tu vu?

Photo Par Karl Filion
Le marketing viral de Cloverfield a élevé les attentes exagérément et a multiplié les questions par rapport à ce nouveau projet du producteur de Lost, J.J. Abrams. Que s'est-il passé à New York en ce fameux 22 mai? La réponse se trouve peut-être sur cette cassette retrouvée dans cet endroit « anciennement connu sous le nom de Central Park », dans un film qui s'inscrit dans la lignée de la paranoïa new-yorkaise post-11 septembre et d'un Blair Witch Project rencontre Godzilla urbain. Mais la véritable question demeure : est-ce à la hauteur des attentes tour-de-babéliques engendrées par le mystère? Oui... ou presque.

Réunis pour célébrer la nomination de leur ami Rob à un poste important au Japon, quelques jeunes new-yorkais célèbrent bruyamment dans un appartement de Manhattan. La fête est cependant interrompue par une explosion en plein centre-ville, qui crée la panique dans les rues. Incapables de quitter l'île, les jeunes vont tenter de retrouver une amie pendant qu'une immense bête d'une trentaine d'étages de haut détruit la ville.

La Statue de la Liberté est la première victime de ce carnage, qui demeure mystérieux même une fois que tous les dés ont été joués. Pas de panique, le monstre est présent, bien visible; peut-être pas aussi excitant que prévu mais tout de même efficace. Les personnages sont à peine effleurés, mais cela n'a aucune importance. Le réalisateur Matt Reeves et son directeur-photo Michael Bonvillain (un habitué de Lost) parviennent à créer un climat de tension intéressant malgré les nombreux effets spéciaux requis pour mener à bien le projet. Le film démontre pourtant la connaissance complexe du médium cinéma requise par cette audace rafraîchissante qui, il faut l'avouer, peut donner des maux de coeur.

Les nombreuses invraisemblances regrettables et la témérité déplacée des héros - qui devient presque de la bêtise pure tellement les risques qu'ils prennent sont inconsidérés - rappellent, entres autres, que sans ces risques, il n'y aurait pas d'histoire. Le pari de raconter l'attaque de New York d'un seul point de vue, avec une seule caméra qui doit nécessairement être tenue par quelqu'un présent dans l'histoire, oblige les auteurs à limiter les explications rationnelles. Pourtant, une explication (partielle) se cache dans l'avant-dernière image du film, rendue possible par l'ingéniosité du scénariste qui parvient à placer, sur la même casette, deux espaces temporels différents. Une excellente idée, qui prouve à nouveau l'extrême maîtrise du projet, où les actions sont justifiées, et sa finition rigoureuse.

Cloverfield n'est pas un film parfait, c'est certain; l'expérience cinématographique qu'il offre est pourtant assez impressionnante pour valoir la curiosité. Les esprits les plus curieux seront sans doute déçus puisqu'il ne s'agit pas d'expliquer mais bien de vivre les événements présentés et de s'émerveiller, si on a le temps, devant l'intelligence du réalisateur et de son complice. Le cinéma est toujours aussi manipulateur, mais a rarement été si efficace dans ce qu'il convient d'appeler, mais timidement, « le réalisme cinématographique ». L'ambiance sonore y est habituellement pour beaucoup et ce film-ci ne fait pas exception. Pourtant, dans Cloverfield, la caméra reprend la place qui lui revient dans cet art de l'image qui n'est jamais aussi vibrant - et étourdissant! - qu'au grand écran.
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Photo Karl Filion

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