Affiche du film Chaussure à son pied
© Twentieth Century Fox

Chaussure à son pied

Version en français
v.o.a. : In Her Shoes
9 octobre 2005

À l'eau de Rose

Photo Par Karl Filion
Un film dangereusement féminin. Des actrices, des spectatrices, la famille, des émotions, de la rancune et….et du pardon. LE pardon. Et l'amour. Sauf qu'ici, l'amour est pluriel, donc féminin.

Curtis Hanson, l'homme derrière 8-mile, Wonder Boys et L.A. Confidential, exploite un nouveau genre de cinéma avec son plus récent film. Chaussure à son pied flirte entre la comédie sentimentale et le film de famille, en prenant le meilleur de l'un, et en évitant sagement le pire de l'autre, et vice-versa.

Rose travaille dans un cabinet d'avocats réputé de Philadelphie. Peu populaire auprès des hommes, elle mène une vie bien rangée, travaille beaucoup, préfère la tranquillité de sa situation au mode de vie agité de sa jeune sœur Maggie. Sans véritable emploi, cette dernière lit difficilement et ne sait pas compter. Elle fait cependant un véritable malheur auprès des hommes. Si bien que quand elle séduira le prétendant de sa sœur, les deux vont se séparer avec fracas…et faire le point sur leurs vies.

Chaussure à son pied joue constamment sur deux tons. D'abord, bien sûr, les deux sœurs, totalement opposées, mais aussi les environnements. Parce que Curtis Hanson exploitera le « dépaysement » - un classique - de la jeune polissonne qui se retrouve parmi les vieux dans une maison de retraite, de l'avocate coincée qui quitte son milieu huppé pour se retrouver à promener des chiens. Étonnamment, le résultat est assez convaincant pour partager l'émotion que les scènes ont la prétention de contenir. Et il faut bien dire qu'on ne voit pas trop pourquoi, ou si peu.

Parce que il faut bien avouer qu'excepté les actrices, Chaussure à son pied n'a rien de particulièrement inhabituel ou déstabilisant. Les situations sont des imitations, bien qu'efficaces, d'autres films du même genre. La romance aussi est parfois redondante, mais plaira certainement au public définitivement féminin à qui s'adresse le film. Un public qui sera d'ailleurs bien servi.

Cameron Diaz tient littéralement la vedette du film, elle la vole presque, à Toni Colette, qui offre tout de même une belle performance. Cependant, c'est Diaz qui capte toute l'attention, on a même parfois l'impression que le film n'est qu'un étalage de son corps, particulièrement ses jambes, qu'on montre impunément à chaque occasion, surtout pendant l'introduction, qui s'étire tout autant que les fameuses jambes, d'ailleurs, et qui devient redondante après quelques minutes. Reste que Diaz, Colette et MacLaine développent un belle complicité, nécessaire au bon déroulement du film.

Le scénario, excepté son introduction beaucoup trop longue et quelques moments moins inspirés, garde un intérêt constant. La plupart des événements sont intéressants, quelques moments drôles viennent parsemer le tout, l'ensemble est efficace est exploite ce qu'il a à sa disposition, c'est-à-dire une vedette, une jolie situation, et un public nécessairement réceptif et de bonne foi.

Au fond, Chaussure à son pied est un beau film comme bien d'autres. Sauf qu'il a le mérite d'éviter la surenchère de clichés, qu'il sait mettre en valeur ses actrices et qu'il demeure crédible du début à la fin. C'est un peu moins que ce dont on pouvait espérer de Curtis Hanson, mais c'est tout à fait suffisant pour le genre, Chaussure à son pied demeure un film qu'on prend plaisir à regarder sans trop savoir pourquoi. Comme s'il le fallait.
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Photo Karl Filion

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