Affiche du film  Chats  et chiens : La revanche de Kitty Galore
© Warner Bros. Canada

Chats et chiens : La revanche de Kitty Galore

Version en français
v.o.a. : Cats and Dogs: The Revenge of Kitty Galore
30 juillet 2010

Pauvres bêtes

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Aussi outrée que je puisse être face à tant de stupidités inculquées aux jeunes à travers ce film ridicule, ma critique (comme toutes les autres) n'influencera en rien l'impatience des bambins qui se meurent de voir le combat entre les chiens et chats porté au grand écran. Mais si je peux, grâce à ces mots, épargner à un parent le calvaire que représente cette oeuvre malhabile et aberrante, j'aurais réussi beaucoup. Chats et chiens : La revanche de Kitty Galore n'apporte rien de nouveau que le premier chapitre n'avait pas déjà développé (en long et en large) il y a quelques années. Les mêmes allusions faciles et superficielles au monde des chats et des chiens - la borne-fontaine, le journal, le chenil, l'os pour l'animal canin et le lait, les balles de laine, l'herbe à poux, la litière pour le félin; c'est presque une insulte à notre intelligence (et à celle de nos jeunes progénitures) -, les mêmes jeux de mots boiteux et la même mission grotesque que doivent accomplir les agents à quatre pattes; sauver la race humaine (aux dépens de notre santé mentale).

Le méchant chat Kitty Galore a envoyé une missive spéciale au QG des chiens pour leur annoncer qu'il préparait une offensive vouée à transformer la race canine en une espèce dangereuse et violente, que les humains n'auront d'autres choix que d'enfermer. Les agents spéciaux Diggs et Butch sont alors recrutés par la haute direction afin de tenter d'anéantir l'ennemi. Au cours de leur mandat, les chiens n'auront d'autre choix que d'accepter l'aide des chats, leur ennemi juré, pour enfin arrêter Kitty et l'empêcher de mettre son plan machiavélique à exécution.

Bien que l'idée initiale de ce deuxième film ne soit pas complètement saugrenue (dévoiler l'étendue de la guerre que se livrent les chats et les chiens depuis toujours sans que nous en soyons conscientS), tous les éléments qui pouvaient renfermer un certain intérêt ont déjà été présentés dans le premier film, paru en 2001. Tous les stéréotypes qui entourent l'univers des animaux de compagnie y passent (souvent avec peu de conséquence) : les chats ont peur de l'eau, mangent des souris et paressent toute la journée, et les chiens courent après un bâton ou un journal, protègent leur maître et délimitent leur territoire (d'une aberrante stupidité...).

Le vrai défi d'un film familial est de parvenir à intéresser les adultes autant que leurs enfants. Il ne suffit pas de faire quelques vulgaires références à des classiques du cinéma (James Bond, Sin City, Hannibal Lecter) pour conquérir les parents. Si les dialogues ne tiennent pas la route, si les personnages (canins ou pas) ne sont pas crédibles ni même attachants et si le scénario est décousu et illogique, les adultes décrocheront (en se répétant, pour se convaincre d'avoir dépensé plus de 10$ pour une telle grossièreté : « qu'est-ce que je ne ferais pas pour mes enfants? »), aussi mignon soit le chaton à l'écran.

Il y a tant de « bons » films pour toute la famille présentement en salles (Détestable moi, L'apprenti sorcier, Ramona et Beezus et Shrek 4 il était une fin) que Chats et chiens : La revanche de Kitty Galore devrait être une alternative de dernier recours, un choix dangereux qui peut provoquer la somnolence, des attaques de panique et même, dans certain cas, le désespoir.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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