Affiche du film  Charlie St. Cloud
© Universal Pictures

Charlie St-Cloud

Version en français
v.o.a. : Charlie St. Cloud
30 juillet 2010

I < 3 Zac

Photo Par Karl Filion

Le beau Zac Efron est peut-être la risée des humoristes américains et de la presse à potins, il n'en demeure pas moins une « vedette », dans le premier sens du terme. Le type de vedette qui joue, années après année, le même rôle dans des films tellement semblables qu'on les confond. Le type de vedette qui a un public et qui sait comment lui plaire, avec des yeux bleus à faire rêver les jeunes filles. En anglais, on dit « crowdpleaser ». Charlie St. Cloud est un film qui en est particulièrement conscient; Efron est de toutes les scènes, il est l'archétype du garçon parfait, il enlève même son t-shirt dans un pastiche de Twilight. Il a pris en maturité, et il semble évident qu'il n'est pas sans talent, quoi qu'on en dise. Ce n'est pourtant pas avec des films comme celui-ci qu'il le prouvera.

Charlie St. Cloud s'apprête à entrer à l'université pour perfectionner sa passion de pilote de voilier. Mais suite à un tragique accident qui coûte la vie à son jeune frère Sam, Charlie est pris de culpabilité et décide de tout abandonner. Il est engagé comme préposé à l'entretien d'un cimetière. Il a cependant un accord avec son frère décédé : il le retrouve chaque soir dans la forêt, au coucher du soleil, pour s'entraîner au baseball. Lorsqu'il retrouve une ancienne collègue d'école qui s'apprête à partir en bateau autour du monde, il tombe amoureux d'elle. Ce qui lui permettra peut-être de faire son deuil.

Cette mystérieuse capacité à communiquer avec les morts s'avère être au centre des revirements dramatiques du film. Comme ce pouvoir s'avère totalement incohérent (et intermittent... il parle aux morts ou aux vivants en danger?) les revirements en question s'en trouvent affectés. Et ce qui affecte la cohérence affecte aussi l'émotion : plutôt que de s'émouvoir devant « l'amour » et le « romantisme » des situations, on est accablé par les ressorts dramatiques appuyés du scénario. S'ensuit une accumulation de quétaineries, d'émotions forcées, de manipulation sentimentale et de psychologue à 5 ¢ sur le processus de deuil et sur l'amour et sur le destin qui frise le film religieux. La foi est certainement au centre de la démarche de Charlie St. Cloud, en particulier dans la scène la plus « accidentelle » de l'année : croiser l'ambulancier qui vous a sauvé la vie il y a cinq ans, qui est maintenant atteint d'un cancer et qui vous demande : pourquoi Dieu t'as donné une deuxième chance?

Le film utilise les conceptions des adolescents de l'amour et du romantisme (des conceptions déjà faussées par le cinéma) pour offrir une variation sur un même thème qui n'a strictement rien à proposer. D'autant que la tension demeure à zéro : est-ce que quelqu'un doute du dénouement du récit? Bien sûr qu'elle l'aime (même si elle ne l'a pas vu depuis cinq ans)! Ce qui reste suite au visionnement est aussi infini que le bleu des yeux de Zac, et aussi vide aussi.

C'est à se demander à qui s'adresse vraiment Charlie St. Cloud, sinon aux inconditionnels de Zac Efron. On a trop de respect pour les adolescents pour croire qu'ils seront convaincus par cette mièvrerie incohérente. Et on n'arrive pas à se convaincre que le principal intéressé croit véritablement qu'un film comme celui-ci lui permettra de devenir un acteur sérieux et respecté. Et une dernière chose : se pourchasser et faire l'amour dans un cimetière après un souper en tête-à-tête à la chandelle, ce n'est pas vraiment romantique. N'essayez pas ça à la maison.

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Photo Karl Filion

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