Affiche du film  Chapeau noir
© Universal Pictures

Chapeau noir

Version en français
v.o.a. : Blackhat
16 janvier 2015

Erreur 404

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

D'abord un Dieu nordique en pirate/geek informatique ce n'est pas très crédible. Chris Hemsworth est peut-être bien un acteur de talent, mais son image est tellement associée à celle de Thor que lorsqu'il endosse un nouveau rôle, il doit être plus convaincant que n'importe quel autre comédien, et ici, malheureusement, Hemsworth est aussi futile que le film dans lequel il joue.

Généralement, on peut déterminer assez rapidement ce qui cloche dans un long métrage aussi minable. Le scénario, les acteurs et leurs personnages, la réalisation, la direction artistique, la trame sonore (qui oui peut détruire un film si elle n'est pas prise au sérieux), mais dans le cas de Blackhat, il n'y a pas qu'un seul coupable, tous les aspects de la production ont été bâclés.

Les textes sont aberrants. Nous ignorons si nous avons affaire à un thriller informatique, un drame romantique, un film policier ou un suspense d'espionnage; l'histoire se lance dans tous les sens sans jamais choisir une voie. En plus d'Hemsworth, qui arbore la chemise détachée pour laisser entrevoir ses abdos musclés (tout le monde sait que les pirates informatiques sont aussi des culturistes invétérés), il y a le petit génie Chinois, sa soeur dont tombe amoureux le sexy pirate (je ne commenterai même pas cette tournure absurde du scénario, elle ne mérite même pas qu'on s'y penche), les deux policiers sévères qu'on peut convaincre d'enfreindre toutes les règles et les méchants qui n'ont pas d'identité pour le spectateur qui n'a aucune information sur leurs intentions ou sur leurs origines.

Il y a aussi, bien entendu, cette réalisation de Michael Mann qui s'efforce de se donner une personnalité avec ses quelques longs plans rapprochés et son montage nerveux, mais on sent, malheureusement, dès les premières minutes que les efforts seront vaincs et que, dans ce cas très précis, il aurait été préférable de jouer la carte de la caméra invisible plutôt que de s'évertuer à rendre esthétique un film aussi vide. Même chose pour la direction artistique qui s'étouffe dans un scénario insipide parsemé de points d'interrogation provoqué par une très mauvaise maîtrise de l'art narratif (on aurait pu croire que ce sont les termes informatiques qui complexifient l'histoire, mais c'est bien davantage un manque de logique qui vient abroger le plaisir du spectateur). Et que dire que cette trame sonore clichée qui nous suggère des émotions et nous détourne de l'histoire…

De manière plus générale, on retrouve aussi dans ce film sans colonne, des scènes d'action où les bons et les méchants s'échangent des coups de fusil sans toucher personne pendant 3-4 minutes, des pirates informatiques qui arrivent à infiltrer des systèmes sécurisés avec un code écrit il y a huit ans et des coïncidences ridicules qui expliquent la plupart des esquives du héros. Vraiment, un échec sur toute la ligne et une perte de temps monumentale...

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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