Affiche du film Astro
© Les Films Séville

Astro

Version en français
v.o.a. : Astro Boy
22 octobre 2009

« Pas époustouflé, mais impressionné »

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Créé en 1952 par Osamu Tezuka, le personnage d'Astro est maintenant devenu une icône emblématique de la culture populaire. C'est un défi important pour des cinéastes que de garder l'âme du personnage, sa naïveté et sa prestance tout en l'adaptant aux techniques modernes et à l'esprit des années 2000. Astro, version 2009, s'avère un long métrage pour enfants réussi, mais où les adultes n'y trouveront aucun véritable intérêt, hormis peut-être la frénésie de la nostalgie ou la qualité particulière de l'animation.

Toby vit à Metro City, une ville où cohabitent les robots et les humains, avec son père, le professeur Tenma. Ce dernier est un brillant scientifique qui travaille sur plusieurs projets robotiques d'envergure, dont le Pacificateur. Le jour de la présentation officielle de son nouveau robot, Toby s'immisce secrètement dans le laboratoire et meurt tragiquement suite à une erreur de procédure. Tenma, désespéré, décide de construire un robot à l'image de son fils décédé en lui inculquant les souvenirs de ce dernier. Le nouveau Toby, bien que physiquement identique au précédent, n'a pas les mêmes réactions et Tenma ne peut le supporter. Il le renvoie donc de sa demeure et il aboutit sur Terre au milieu des robots dysfonctionnels. Il est alors recueillit par un groupe d'enfants qui le surnomme Astro. Le petit robot cache sa véritable identité et vit une existence paisible jusqu'à ce qu'il se fasse capturer par le cruel maire de la ville de Metro City.

L'histoire est somme toute intéressante, voire pédagogique à certains endroits, mais la complexité générale et la laborieuse quête identitaire du robot (qu'il exprime verbalement à plusieurs reprises : « j'ai tenté de trouver ma place dans ce monde ») peuvent restreindre considérablement l'intérêt de certains bambins. Et c'est sans parler des inutiles dialogues explicatifs qui parsèment le récit et l'alourdissent considérablement (« je suis terrifié », « je vais m'approcher pour voir de plus près »).

Le côté humoristique du long métrage est un peu malhabile et parfois insipide, mais certains personnages secondaires, comme les androïdes du Front de Libération des Robots ainsi que le vaporisateur et son ami squeegee, sont attachants. Et, bien qu'ils n'aient aucun rapport déterminant avec l'histoire, amusent les petits comme les grands. Plusieurs des protagonistes sont par contre assez typés, notamment le méchant maire de la ville ou la jeune fille forte qui cache une grande sensibilité, et ne sont développés qu'en surface. Le doublage québécois est assez bien réussi. La performance vocale d'Antoine L'Écuyer (Astro) est particulièrement efficace, bien adaptée au caractère et à la gestuelle du personnage.

La qualité de l'animation numérique est indéniable et conforme à l'apparence « manga » de la série télé des années 50. Aucune nécessité de lunettes 3D pour percevoir le relief et le travail fait sur les volumes de ce monde virtuel. Tous les détails semblent avoir été pris en considération : les ombres, les couleurs, les réflexions et les contorsions des personnages.

Bien qu'il ne possède pas la fraîcheur ou l'efficacité d'un L'ère de glace ou d'un Shrek, Astro n'est pas un mauvais film, bien au contraire. Mais certaines nuances au niveau de la construction des personnages et de l'élaboration du récit auraient été substantielles à sa réussite. Il fallait quand même le faire : rendre accessible et affable un film dont le héros est rejeté par sa famille, expulsé de la ville et, le comble, meurt dans les premières minutes.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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