Affiche du film Astérix aux jeux olympiques
© Alliance Vivafilm

Astérix aux Jeux Olympiques

Version originale en français
9 juillet 2008

Bien peu d'irréductibles...

Photo Par Karl Filion
Après l'incompréhensible coup de gueule d'Uderzo (qui n'appréciait pas l'humour absurde de Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre), on ne pouvait probablement rien espérer de mieux que cette farce pathétique et sans vie dans laquelle Astérix et Obélix sont des figurants. Résolument passéiste, le film n'hésite pas à faire souffler des lignes de chien à Gérard Depardieu à la manière de Cyrano, alors que les nombreux effets spéciaux souvent ratés agacent franchement. Les réalisateurs mettent un temps fou à démarrer leur histoire, qui vacille sur les épaules d'un Benoît Poelvoorde caricatural au possible. Aucun intérêt.

Le jeune Gaulois Alafolix est amoureux de la princesse grecque Irina. Afin de l'épouser, il devra participer aux Jeux Olympiques et vaincre Brutus, fils de César, dans diverses épreuves physiques. Il va bien sûr faire appel à Astérix et Obélix afin de l'aider, pendant que Brutus tente d'assassiner son père.

L'une des productions les plus chères du cinéma français débarque en Amérique avec une rumeur très négative (et totalement justifiée). D'autant que la traversée n'aura en rien servi le film de Frédéric Forestier et Thomas Langmann, alourdi par les trop nombreux caméos de Shumacher (ça allait), Zidane, Parker et Mauresmo. Si ce n'était que ça... L'humour redondant ne laisse aucune place à l'inventivité et préfère les blagues physiques (tomber de cheval, comme c'est drôle!) alors que Brutus clame à qui veut bien l'entendre qu'il va les écarteler. Après 48 fois, on a compris l'idée. Chaque scène est étirée au maximum - pour être bien certain qu'on comprenne bien la blague, peut-être... - mais ne réserve pourtant aucune véritable surprise, sinon un sourire ou deux.

L'apparition d'Alain Delon est certainement l'un des meilleurs moments... répété inutilement des dizaines et des dizaines de fois jusqu'à plus soif. Aucune complicité entre Clovis Cornillac (qui reprend le rôle d'Astérix sans passion) et Gérard Depardieu, caricature consentante de lui-même qui n'est presque jamais drôle. Stéphane Rousseau, entre Québécois et Français, a un accent un peu étrange mais ne défend pas mal un personnage de jeune premier aux possibilités limitées. C'est Brutus la vedette, et il est profondément agaçant.

Alors que dans Mission Cléopâtre l'humour absurde venait appuyer l'univers déjanté et cartoonesque d'Astérix, les anachronismes (et ils sont nombreux) viennent ici flagorner le public français avec des références à la F1, à la retraite de Zidane et à La guerre des étoiles. C'est bien plus absurde de voir dans cet univers irréaliste mais cohérent un sabre-laser que tout ce que peu imaginer Alain Chabat.

Il n'y a absolument aucun intérêt à Astérix aux Jeux Olympiques. Application simpliste de l'équation « gros budget + grosses vedettes = gros succès », le film est plutôt la preuve par cent que d'essayer de plaire à tout le monde on ne plaît finalement à personne. Longues et mortellement ennuyantes, ces nouvelles aventures des deux irréductibles Gaulois auraient eu besoin d'un peu de folie et d'un peu de sérieux, même si c'est drôle à dire, pour à la fois resserrer le développement dramatique et libérer des contraintes rationnelles un univers déjanté et créatif. Bien peu d'irréductibles viendront défendre ce projet trop ambitieux qu'on a pris à la légère en sous-estimant le public, et pas besoin de chercher de la Gaule à Rome pour savoir pourquoi.
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Photo Karl Filion

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