Affiche du film  Alexander
© Warner Bros. Pictures Canada

Alexandre

Version en français
v.o.a. : Alexander
25 juillet 2005

Alexandre l'ennuyant

Photo Par Karl Filion
Si des qualités parsèment certainement le parcours d'Alexandre, une erreur seulement l'aura perdu. Le film d'Oliver Stone est une terrible, voire pénible, erreur de jugement. Ce n'est pas le grand homme qu'on attendait, ni le grand film.

Difficile de vraiment cerner ce qu'a pu se dire Oliver Stone, un réalisateur compétent, qui ne perd pas ses habitudes d'effusions de sang et de cruel réalisme, en choisissant de rendre la je-suppose-palpitante histoire d'Alexandre le Grand aussi mélodramatiquement lancinante, affreusement monotone et répétitive, malgré tous les ingrédients de qualité mis à sa disposition.

Le blâme, c'est Stone qui devra le porter. Il nous accable en omettant complètement les parties les plus importantes du récit d'Alexandre, je n'ose dire le Grand à la lumière de ce récit intermittent, préférant se concentrer sur les disputes intestines de son armée, de son combat incessant contre des ennemis de l'intérieur. Il n'est pas ce grand homme qu'on laudative tant pendant plusieurs pénibles minutes au début et à la fin du film, des séquences qui, écartées, auraient certainement allégé la pesante histoire du héros macédonien. Stone, donc, qui filme une épopée qui s'essouffle, ne parvient pas à donner de saveur à ses images, sauf à un moment, le plus palpitant en fait, à la toute fin, lorsqu'il utilise un judicieux ralenti et qu'il inverse les couleurs. Il utilise sans parcimonie le sang, qui coule franchement à flots. Mais c'est loin de pardonner la monotonie des plans qu'il utilise lors des scènes dialoguées, minées, c'est vrai, par les répliques insipides des acteurs. Difficile encore de croire qu'une si pertinente et si riche histoire implose parce que les bases ne sont pas assez solides.

Les acteurs, excepté un tonitruant mais erratique Colin Farrell, ne font qu'effleurer les possibilités de leurs rôles, préférant se sertir de bijoux. Certains se couvrent même de ridicule, Val Kilmer dans le rôle répétitif d'un ivrogne déplaisant par exemple; alors qu'Angelina Jolie, resplendissante mais rien d'autre, nous justifie brillamment le complexe d'Œdipe, je ne me souviens pas d'une mère aussi désirable. Jared Leto est intéressant mais reste à la surface de son personnage plutôt, en fait trop, effacé.

Si Stone aura eu l'audace de montrer la bisexualité d'Alexandre, il se limite à une représentation bien fade d'un héros coloré, et cela seulement justifie l'immense déception de ce film qu'on attendait comme l'un des meilleurs de l'année. Que dire de la déception maintenant que les acteurs, le scénario et la réalisation ratent aussi la cible, si non que Alexandre Le Grand aura besoin d'un autre réalisateur – Baz Lurhmann a eu un tel projet l'an dernier mais l'a abandonné – pour prouver à notre époque sa valeur, du moins au grand écran? Son film est un échec sur toute la ligne, une longue et pénible défaite, d'autant que l'analogie entre les éléments internes du film – ses acteurs et son scénario – ressemble étrangement à ce qui aura perdu le vrai Alexandre, des querelles internes.
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Photo Karl Filion

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