Affiche du film  300 : La naissance d'un empire
© Warner Bros. Canada

300 : La naissance d'un empire

Version en français
v.o.a. : 300: Rise of an Empire
7 mars 2014

Les amputés de guerre

Photo Par Karl Filion

Si le succès de 300 lors de sa sortie en 2007 était « imprévisible », il n'était pas « inexplicable ». En effet, le long métrage de Zack Snyder se démarquait déjà à l'époque par sa facture visuelle extrêmement stylisée (et qui n'a même pas à rougir face aux effets spéciaux d'aujourd'hui, même sept ans plus tard) et pouvait miser sur une panoplie de vedettes en devenir particulièrement charismatiques en plus d'une bonne dose d'action et de répliques destinées à devenir cultes.

Ce qui s'explique peut-être un peu moins bien, c'est pourquoi il a fallu attendre sept ans pour voir Hollywood proposer cette suite, 300: Rise of an Empire, reprise par le réalisateur Noam Murro des mains de Snyder (il est occupé à autre chose). Peut-être est-ce dû à une malédiction liée au bédéiste Frank Miller, dont les projets sont souvent damnés (voir Sin City: A Dame to Kill For)... Quoi qu'il en soit, ce nouveau film propose une histoire parallèle à la bataille des Thermopyles menée par Leonidas, une lutte se déroulant sur l'eau entre les Athéniens, menés par Thémistocle, et les Perses, menés par Artemisia. Peu importe les raisons cependant, ce qui est clair, c'est que les créateurs de cette suite ont manqué le bateau (pardon pour le jeu de mots).

Si au départ le récit est habilement intégré à l'histoire du premier film (avec des caméos intéressants), on constate rapidement les limites de cette « diversion » narrative. Le tout devient rapidement redondant, entre les discours de motivation et des combats navals qui se ressemblent tous et les revirements attendus (un père et son fils combattent ensemble, que croyez-vous qu'il arrivera?). Il y a bien un moment complètement imprévisible, alors que les deux adversaires se réunissent pour partager des fluides, mais le tout est tellement incongru qu'on ne sait pas si on doit rire ou pleurer.

Les acteurs masculins ont tous l'occasion de montrer leurs pectoraux (on les félicite pour leur travail au gym (du mot grec gymnastikos, mais on en parlera une autre fois...)) mais ni Sullivan Stapleton, ni ses soldats, et ni le très peu présent Rodrigo Santoro ne démontrent beaucoup de conviction. Ils ont à peu près le charisme de leurs boucliers. Eva Green semble savoir qu'elle joue en fait dans un film de série B, une vulgaire parodie, mais son cabotinage aussi finit par agacer.

Vous me direz qu'on ne va pas voir un film comme 300: Rise of an Empire pour les acteurs et la crédibilité du scénario (je suis en profond désaccord avec vous, mais bon), mais pour les effets spéciaux. Même là, le long métrage, qui propose une surenchère de décapitations, d'amputations et d'hémorragies, ne parvient pas à tirer son épingle du jeu. Le tout est cheap et vide de sens, sans la beauté poétique que Snyder insufflait, en plus d'être redondant et inutilement sanglant.

La déception est vive face à ce film, puisque l'univers qu'il propose est fascinant et riche - la preuve étant le premier film il y a sept ans - mais qu'il est sous-exploité.

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Photo Karl Filion

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