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Mardi 9 novembre 2010 à 16h57

Visite de plateau : De grandes espérances

Photo Par Karl Filion
Sur le plateau de De grandes espérances

Le réalisateur québécois Ivan Grbovic s'est associé avec la directrice-photo Sara Mishara pour écrire le scénario du film De grandes espérances, qui deviendra son premier long métrage de fiction. Le tournage du film, qui s'est amorcé le 1er octobre dernier, se termine cette semaine à Montréal. Ali Ammar incarne le personnage principal.

Rami est un jeune homme libanais atteint d'une paralysie cérébrale, qui travaille au restaurant familial. Sa vie quotidienne est marquée par un rapport tendu avec son père et une gêne vis-à-vis des femmes. Sous une fausse identité, il entame une relation avec une femme via l'Internet. Sa correspondance avec Malaury lui donne de l'espoir. Il accepte même de la rencontrer en l'invitant dans un restaurant luxueux. Rami tente par tous les moyens de trouver l'argent nécessaire pour financer sa sortie. À quelques minutes de la rencontre (préparée au détail près), Rami se désiste lâchement par peur d'humiliation. Dévasté par la honte, il lui semble alors que le malheur s'acharne à lui ruiner l'existence. Mais Rami est en fait un batailleur et il se relèvera une nouvelle fois.

Avec les courts métrages Les mots (Prix ONF du meilleur court métrage au Rendez-vous du cinéma québécois) et La chute (en nomination pour le Prix Jutra du meilleur court métrage), c'était une question de temps avant qu'Ivan Grbovic se consacre à un premier long métrage. « Mes courts métrages, pour moi, c'étaient des essais, il n'y avait pas de sentiment de finalité. Tandis qu'un long métrage, j'ai toujours l'impression que c'est une finalité. À chaque plan, je me dis que c'est la dernière fois que je vais voir ce plan de ma vie, donc c'est comme dire au revoir à un bébé chaque fois. C'est comme un ado qui part de la maison à chaque fois. »

Qu'avez-vous au programme aujourd'hui? « On est à la vingtième journée de tournage, donc on termine dans la chambre à coucher de notre personnage principal. C'est un film qui a une dualité entre le monde extérieur et le monde intérieur. Pendant vingt jours on a tourné de grosses scènes au centre-ville, de mariage, à l'école, et là on se concentre sur ce qu'il fait devant son ordinateur. »

Montrer un écran d'ordinateur à l'écran, c'est déjà compliqué pour faire passer de l'information. « C'est un personnage qui a un monde intérieur très actif, et une vie virtuelle très active aussi. »

La co-scénariste Sara Mishara précise : « Pour répondre à ta question : oui, c'est compliqué. Mais il ne faut pas trop se casser la tête, et limiter l'information nécessaire à lire pour le spectateur. Il faut beaucoup se fier à la réaction des personnages face à ce qu'ils lisent. »

C'est le réalisateur qui poursuit : « Parce qu'on ne veut pas que notre acteur passe vingt secondes à écrire chaque mot, on a créé un logiciel qui a les répliques en avance, avec un délai, alors il tape mais ça écrit les mots qu'on veut, et la réponse vient ensuite. »

Il faut donc que le comédien soit particulièrement efficace. Pourquoi avoir choisi Ali Ammar? « De un, c'est un Libanais avec un handicap, on l'a choisi parce qu'il fittait dans ce critère. De deux, c'est un très bon acteur, très touchant. On s'attache à lui. C'est un personnage très différent, donc il faut qu'il soit très attachant. C'est une personne très ouverte et très honnête, et en faisant les scènes, sa façon de jouer c'est d'aller chercher de vraies émotions qu'il a, et quand il les donne, c'est tellement honnête, tellement ouvert, que ça nous touche tous. »

Préférez-vous peaufiner cette émotion, ou il faut la saisir lorsqu'elle apparaît? « On l'appelle « Ali One Take ». Quand il est prêt, il faut y aller. Il a un regard, une façon de parler, un rapport aux gens, une façon de marcher qui font que toutes les scènes qui semblaient communes, « il ouvre la porte », « il s'assoit », il rend ça intéressant parce qu'il est unique. »

Vous n'êtes pas obligé de révéler les punchs mais... est-ce que c'est une histoire qui peut bien se terminer? « Ah oui! Ce n'est pas un film négatif. C'est un film qui a une belle fin. Ce n'est pas un punch, ça s'appelle De grandes espérances. Je veux faire un film qui a une belle fin. »

Le film, qui sera distribué par Métropole Films, devrait prendre l'affiche à l'automne 2011.

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