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Jeudi 29 décembre 2011 à 11h00

Top 10 d'Éli : Meilleurs films de 2011

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily
Jean Dujardin et Bérénice Bejo dans le film The Artist

Déjà le temps des bilans (et des surcharges sur la carte de crédit, mais ça, c'est un autre dossier)... En parcourant la liste des productions parues de janvier à décembre, je me bute à une inéluctable vérité : même si cette année en a été une importante en terme de sorties de blockbusters américains, de films de super-héros et suites de toutes sortes, les oeuvres marquantes, bouleversantes, se sont faites bien plus rares. On note évidemment The Artist, qui a énormément fait parler de lui sur le continent et outremer cette année - et à raison - mais, du côté des films américains - un cinéma que l'on consomme en grande quantité au Québec - le ratio de films mémorables s'avère assez mince.

On ne peut passer sous le silence la présence de l'acteur Ryan Gosling dans trois (Crazy, Stupid, Love., The Ides of March et Drive) des dix longs métrages de mon classement annuel. Ce qui, sans hésitation, fait de lui mon acteur de prédilection de l'année 2011. Grâce à des rôles très différents; un macho incorrigible, un cascadeur/criminel tourmenté et un jeune attaché politique assoiffé de pouvoir, Gosling a marqué de belle façon l'année qui s'achève.

Voici donc les dix films qui, selon moi, méritent de se retrouver au sommet de la liste des meilleures productions de l'année 2011.

10. Melancholia (critique)

Ode à la fin du monde, à l'humanité et à sa perte, le plus récent long métrage de Lars von Trier réussit à troubler par l'éloquence de ses images et son cynisme pénétrant. Ils ont été nombreux à exploiter le sujet de l'apocalypse, à disposer de la fin du monde comme d'une toile de fond à une guerre ou à un drame plus intimiste, mais personne n'avait brossé un portrait aussi vibrant et évocateur jusqu'à maintenant. Melancholia arbore parfois les allures d'un conte, parfois d'un poème, mais ne perd jamais complètement de vue la cohérence de son récit et l'importance de son discours.

9. Drive (critique)

Inspiré du livre éponyme de James Sallis, le film de Nicolas Winding Refn a surpris en septembre par son audace et la richesse de son style cinématographique. Le film témoigne d'une violence extrême, mais nécessaire à la cohérence du récit, un peu à l'image des oeuvres de Tarantino, qui utilise la violence comme un support à ses textes (qui n'en demeurent pas moins louables). Il n'avait d'acteur mieux armé que Ryan Gosling pour personnifier ce cascadeur aux prises avec des ennuis de conscience. Le comédien permet définitivement au film de s'élever au rang d'oeuvre mémorable tout en lui permettant d'assumer pleinement sa facture singulière.

8. The Ides of March (critique de Karl Filion)

The Ides of March nous permet d'entrer dans un monde méconnu de la plupart des gens, celui des campagnes électorales américaines. Dans un milieu intransigeant où l'image est primordiale et où la moindre infortune est jugée et sanctionnée, il y a définitivement substance à un long métrage. Le récit de ce drame politique, écrit et réalisé par George Clooney, s'avère réaliste, pertinent et intrigant du début à la fin. Le film nous amène même à nous questionner sur les assises du pouvoir et tous les sacrifices qu'il nécessite. Un incontournable de l'année 2011.

7. Crazy, Stupid, Love. (critique de Karl Filion)

Principalement pour nous avoir offert le meilleur « punch » des dix dernières années (je m'excuse d'ailleurs publiquement à mon amie Marjorie qui a dû mettre sa fierté de côté lorsque j'ai soudainement applaudi en pleine salle lors de la divulgation dudit « punch »), Crazy, Stupid, Love. se mérite la très honorable septième position de mon palmarès annuel. Son ingéniosité, sa candeur et la spontanéité de ses interprètes prouvent à nouveau qu'il est possible - même pour les Américains et leurs mécanismes bien ancrés - de faire une comédie romantique charmante et efficace. Alors, quelqu'un peut m'expliquer pourquoi on a encore droit à des New Year's Eve et des What's Your Number?

6. 50/50 (critique de Karl Filion)

Tous les humoristes vous le diront : il est beaucoup plus facile - et efficace - de rire de sujets graves que de problèmes du quotidien. 50/50 exploite une thématique très dure et à la fois très « moderne », celle du cancer. Joseph Gordon-Levitt, qui représente le jeune adulte moyen; en forme, social, bien éduqué qui recycle, et Seth Rogen, qui personnifie l'ami fidèle aux habitudes de vie discutables, forment un duo parfait pour parler de ce « mal du siècle » qui attaque même les plus affables et vertueux d'entre nous. Le long métrage nous fait passer des larmes aux rires tout en nous sensibilisant à une maladie tragique, mais pas incurable. Définitivement, l'une des meilleures comédies de l'année.

5. Hanna (critique)

C'est dans la qualité de sa direction photo et dans son montage frénétique qu'Hanna trouve toute sa valeur. L'idée d'utiliser des éléments de l'enfance, du conte de fées, et de les dénaturer pour en faire des psaumes funèbres et des lieux patibulaires est très efficace dans le cas présent, même si elle n'est pas révolutionnaire. Entre réel et fantastique, le film nous transporte dans un univers décalé qu'il est, malgré ses allures sinistres, agréable de fréquenter. La co-production Allemage, Grande-Bretagne et États-Unis marie allégrement l'action, le suspense, le fantastique et le drame et nous livre un produit matrisé et grandement divertissant.

4. Moneyball (critique de Karl Filion)

L'une des plus grandes qualités de ce magnifique film sportif est probablement celle d'éviter les clichés du genre. Ce n'est pas dans ce long métrage que vous verrez Brad Pitt livrer de vibrants discours sur l'esprit d'équipe et l'atteinte de ses rêves à ses confrères avant le match de clôture dans la chambre des joueurs. Vous ne verrez pas non plus dans ce film de séquences angoissantes sur le terrain alors que nous ignorons si le capitaine saura sauver ses coéquipiers du désastre et de l'humiliation. Il n'y a rien de tout cela parce que Moneyball n'est pas l'un de ses films. C'est le portrait d'un homme qui voulait gagner, même si cela signifiait perdre la confiance de ses pairs et remettre en doute ses propres idéaux.

3. The Descendants

Drame intimiste et familial d'une grande humanité, The Descendants parvient à toucher le coeur et l'âme par sa simplicité et sa finesse narrative. George Clooney est ici d'une grande efficacité ainsi que d'une grande sensibilité dans le rôle d'un père de deux jeunes filles qui a la lourde tâche d'annoncer la mort prochaine de sa femme à ses propres tout en acceptant, au mieux de sa force, le fait que cette dernière avait un amant et qu'elle prévoyait le quitter sous peu pour cet homme dont il ignorait jusqu'à maintenant l'existence. Les paysages magnifiques d'Hawaï entre en adroite collision avec le drame déchirant qui incombe cette famille.

2. Midnight in Paris (critique)

Mis à part quelques ennuyants clichés de ses lieux touristiques en guise d'introduction, Midnight in Paris brosse un portrait flatteur de la Ville Lumière. Tout en restant dans l'esthétique et dans le style scénaristique qui a fait la notoriété d'Allen, le film exploite les thématiques de la création, de l'art et de l'accomplissement individuel grâce à des personnages célèbres du passé - qui viennent commenter et enrichir les idées de base - ainsi que par des inconnus du présent - qui remettre en doute ces mêmes concepts. Bien rythmé, léger et pourtant intelligent, Midnight in Paris s'avère l'un des films les plus maîtrisés et pertinents de 2011.

1. The Artist (critique)

Comme beaucoup j'en suis sûre, j'ai d'abord été étonnée et perplexe face à cette production française muette noir et blanc qui mettait en vedette Jean Dujardin, connu principalement - au Québec du moins - pour ses rôles comiques. Ce fut donc une énorme surprise pour moi de découvrir ce chef-d'oeuvre moderne aux couleurs d'autrefois. Le film nous entraîne corps et âme dans cette époque révolue jusqu'à même nous amener à nous questionner sur l'évolution du cinéma à travers les âges et l'inintérêt de certains de ses artifices (le 3D étant le plus évident). Pour son originalité, son audace - qui, étrangement, se manifeste dans son classicisme - et pour son sa force immersive inégalée, The Artist est au sommet de mon top 10 personnel de 2011.

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