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Vendredi 7 octobre 2005 à 13h54

Saints-Martyrs-des-Damnés selon Robin Aubert

Photo Par Karl Filion
Robin Aubert

Le réalisateur du film Saints-Martyrs-des-Damnés, attendu le 14 octobre, nous parle de son film dans un texte qui donne peut-être une indication comment aborder sa première expérience derrière la caméra. Devant la pertinence du propos, Cinoche.com vous l'offre quelques jours avant la sortie du film.

Le film mettra en vedette plusieurs acteurs québécois connus dont François Chénier, Isabelle Blais, Luc Senay et Patrice Robitaille.

Surveillez la critique sur Cinoche.com très bientôt.

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J'ai des images dans ma tête.

Des mots qui surgissent de mon coeur.

Des phrases que j'entends dans la rue ou venant d'un oncle chaud un soir de party.

Les acariens de mon « lite » ont peur de mes rêves.

Des rêves en forme de cauchemars avec des bibittes grosses comme des maisons pis des oiseaux qui parlent le mandarin.

Je ne suis pas fou.

Je ne sais tout simplement pas parler le mandarin.

Une fois, une vieille dame sur Ontario m'a montré ses seins.

Je n'ai rien dit.

Je l'ai écrit.

Une autre fois, dans un autre pays, une petite fille de 7 ans s'est faite abusée par des hommes de son village.

Je n'ai rien dit.

Je l'ai filmé.

Les images et les mots sont le seul moyen de résister à l'indifférence et la passivité. Ils suscitent des rires et parfois des peines. Ils agissent sur nous comme un tourment, une mélodie, un souvenir, une caresse. Ils divertissent comme la grande roue d'un cirque magique, nous envahissent comme un fantôme malpoli, « s'épivardant » dans les méandres de notre conscience.

Un film appartient à la personne qui l'écoute et lorsqu'on lui laisse la chance, le spectateur s'avère être un excellent scénariste.

Je dois l'abandonner maintenant.

Même si je l'aime.

Même si j'y ai presque laissé ma peau.

D'abord parce qu'il me ressemble.

Il évoque encore en moi des questions et des réflexions.

Je le regarde au loin comme une bête magique, une planète à elle seule, à la fois sombre et lumineuse.

Lorsque j'étais petit et que mon grand-père me prenait sur ses genoux pour me raconter une histoire, il n'essayait pas de changer le monde. Il voulait tout simplement me raconter une histoire.

J'ai fait mon film dans cette optique. Avant tout pour me faire plaisir, mais aussi pour faire rêver les gens, les emmener dans un monde où ils pourront s'évader, l'instant d'un moment, quelque part, dans un endroit qui n'existe pas ou qui existe peut-être.

Ce film vous appartient maintenant et je n'ai aucun recours pour empêcher l'épanouissement de son existence.

Robin Aubert

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