entrevue
Vendredi 25 mai 2012 à 16h12

Nadine Labaki parle de Et maintenant on va où?

Photo Par Karl Filion
Une scène de Et maintenant on va où?

Le plus récent film de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki, prend l'affiche au Québec ce vendredi. Et maintenant on va où? raconte l'histoire de chrétiens et de musulmans qui vivent en paix dans un petit village du Liban. Ce sont les femmes qui multiplient les efforts afin que les hommes ne soient pas conscients des conflits qui déchirent le pays. Il s'agit de son deuxième long métrage après Caramel, qui a pris l'affiche en 2008.

Après Caramel, comment avez-vous trouvé le sujet de votre deuxième film? « Entre temps il y a eu des événements, malheureusement, au Liban, qui ont conduit les gens à reprendre les armes. Évidemment, on a pu contrôler ça et ça s'est arrêté au bout de quelques semaines, mais quand on est face à cette absurdité-là, on a envie de s'exprimer de nouveau. »

« J'ai voulu raconter l'histoire d'une mère qui va tout faire pour empêcher son fils de prendre une arme. »

« Il faut se donner le temps de vivre, de s'inspirer de la vie, de ce qui se passe autour, de trouver le bon sujet. Le cinéma, ça devient un besoin de s'exprimer, pas seulement l'envie de raconter une histoire. Ça devient un moyen d'exprimer une colère, une frustration... »

Dans votre film, les femmes et les mères ont beaucoup de pouvoir et beaucoup de responsabilités envers leur mari. « Je vis dans cette société où rien ne marche, où tout va mal, où on est prêt à prendre les armes pour un oui ou pour un non, je suis responsable quelque part de ce qui nous arrive. Ce n'est pas juste la faute aux hommes. Il faut peut-être le prendre en ce sens-là. »

Êtes-vous constamment en contrôle de votre film? « Le tournage en lui-même est imprévu; je travaille avec des acteurs non professionnels, donc... J'essaie de provoquer l'imprévu, pour garder le côté naturel. De garder la fraîcheur de leur réaction. Donc, je fais beaucoup d'improvisations, donc souvent ça dévie de la volonté première. Mais c'est voulu. J'ai envie de ces imprévus-là. »

Les acteurs non professionnels n'ont pas l'habitude de la lourde mécanique du cinéma. « Bien sûr, ils n'ont aucune discipline. Ils ne sont pas capables de mémoriser un texte et de le dire tel qu'il est, pas capables de faire la même chose deux fois, de tenir leur marque, mais tout ça, je m'en fous. J'ai pas envie de cette structure-là. C'est un tournage très libre, je m'adapte beaucoup à ce qu'ils sont. »

« On ne sait jamais, quand on tourne, à quoi va ressembler la scène, parce que c'est au montage, après, que je la construis. »

« J'ai cette liberté parce que j'ai la chance d'écrire mes propres films, je n'ai pas la pression d'un auteur, d'être fidèle à ce qu'il a écrit... je peux faire ce que je veux. »

Et d'être vous-même actrice, d'être sur le plateau avec eux... « Ça aide beaucoup. Ça crée une relation incroyable avec eux, une relation organique. Ça me permet d'être proche, de leur parler de manière beaucoup plus profonde; parfois je fais des choses qui sont complètement imprévues et inattendues et ils doivent réagir... »

Mais qui vous dirige? « Autant que possible, j'essaie... Comme je connais très bien le personnage, j'essaie d'être le plus près possible de moi. Je demande la même chose à mes acteurs : il faut être, il ne faut pas jouer. Je me demande la même chose. Je fais les choses comme je les sens. »

Et maintenant on va où? prend l'affiche à Montréal, Québec, Sainte-Adèle, Sherbrooke et Boucherville dès aujourd'hui.

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