entrevue
Vendredi 2 septembre 2011 à 15h01

Micheline Lanctôt parle de Pour l'amour de Dieu

Photo Par Karl Filion
Micheline Lanctôt dans Pour l'amour de Dieu

Le plus récent long métrage de Micheline Lanctôt, Pour l'amour de Dieu, prend l'affiche aujourd'hui dans 46 salles à travers le Québec. Elle y tient la vedette en plus de scénariser le film et de le réaliser. Madeleine Peloquin, Victor Trelles Turgeon et Ariane Legault complètent la distribution.

Dans le cinéma québécois, on aborde rarement le contexte religieux qui a longtemps prévalu au Québec avec la Révolution tranquille. « Oui, sauf que moi je ne voulais pas aborder la « religion », mais l'amour dans un cadre religieux. Je n'avais pas une volonté de ranimer un contexte religieux, c'est juste que cette histoire-là, qui est extrêmement personnelle et qui est basée sur un souvenir intime, elle se passe en 1959 dans un cadre religieux. Alors forcément, j'ai été obligée de m'adresser au contexte de 1959. »

« Les deux protagonistes principaux sont des religieux, forcément le problème des valeurs religieuses se pose. Les voeux, l'engagement, la fidélité aux voeux, l'amour de Dieu, le problème se pose. »

Alors que, dans les films conventionnels, les obstacles à l'amour sont parfois les parents, parfois les circonstances, cette fois-ci, c'est Jésus. « C'est une raison plus profonde, c'est un obstacle déchirant. En 1959, quand on aimait Dieu, c'était un amour total, surtout quand on entrait en religion pour le servir, c'était un geste qui avait beaucoup de gravité. Ces deux protagonistes qui, tout à coup, éprouvent un amour charnel violent, c'est d'autant plus difficile pour eux de voir clair dans leurs sentiments. »

« Je voulais que ce soit des sentiments extrêmes, parce que j'adore l'opéra, et le film est un mélodrame - dans le sens noble du terme - comme le sont tous les opéras, et je voulais vraiment qu'on s'approche de ce que l'opéra met en scène, c'est-à-dire des grands sentiments, qui nous transportent. Le premier amour, les premières trahisons, l'amour de Dieu, il y a beaucoup de ça dans le film. »

Mais qu'est-ce qui a déclenché chez vous le désir de revenir sur cette histoire, cinquante ans plus tard? « C'est une rencontre avec l'objet de mon premier amour, cinquante ans après, qui a tout déclenché. L'émotion était tellement violente que j'ai voulu explorer ça. J'ai mis beaucoup de temps avant de m'arrêter sur un choix d'histoire et un choix de forme; je ne savais pas s'il fallait que je commence par le passé, par le présent et que je retourne dans le passé... »

Que cherchez-vous chez vos acteurs lorsqu’il s’agit d'incarner des personnages que vous avez connus? « Dans ce cas-ci, je voulais que mes deux acteurs adultes aient la même qualité que mon actrice enfant, c'est-à-dire qu'ils portent une certaine candeur, une certaine innocence, qu'ils soient à toute fin pratique vierges de toute expérience. C'est ce qu'ils portaient dans leur visage, c'est important qu'ils soient au même niveau que la petite, autrement il y aurait eu trop de décalage. »

Est-ce que de travailler avec une enfant change votre manière de diriger? « Je n'ai pas vu de différence. Ariane est une professionnelle, elle adore jouer, elle aime ça, elle a une espèce de maturité, de gravité et d'intériorité très particulière - c'est pour ça que je l'ai choisie d'ailleurs - elle observe beaucoup, elle était toujours sur le plateau, elle n'a jamais protesté, c'est vraiment une professionnelle. »

Vous vous mettez aussi en scène, comme c'était le cas dans Suzie. « J'ai trouvé ça beaucoup plus difficile sur ce plateau-là, parce que j'avais eu trois semaines comme réalisatrice. On a tout tourné, comme actrice, dans la dernière semaine. Suzie, j'ai commencé le plateau, j'étais à la fois réalisatrice et actrice. On a très vite établi un protocole. Cette fois-ci, j'ai trouvé ça beaucoup plus difficile. »

« Mais je savais aussi que la dernière partie, c'est la partie de Geneviève Bujold. J'ai gardé le minimum du personnage de Léonie à 60 ans pour donner toute la place au personnage de Soeur Cécile. On ne sent pas toutes les tensions qu'il y a pu y avoir en moi pendant que je regardais Geneviève en dirigeant le film. C'est une actrice que j'admire, j'étais très impressionnée de tourner avec elle. »

Mais vous avez l'expérience de l'actrice. « C'est surtout la confiance des autres acteurs. Ça n'a pas de pris. Dans le cas de Geneviève, qui est une actrice extrêmement fragile, ça a été inestimable parce qu'elle me faisait totalement confiance, et que je lui faisais totalement confiance. À ce moment-là, c'était son show à elle. »

Pour l'amour de Dieu prend l'affiche à travers le Québec aujourd'hui.

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