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Lundi 5 mars 2012 à 14h47

Les distributeurs indépendants réclament un intégrateur québécois

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Par voie de communiqué, le Regroupement des distributeurs indépendants de films du Québec (composé d'AZ Films, de Axia Films Distribution, de Domino Film, d'Evokative Films, de Filmoption International, de Funfilm Distribution, de K-Films Amérique, de Les films du 3 mars et de Locomotion Distribution) a déploré les impacts négatifs du passage au numérique.

Plusieurs exploitants de salles au Québec font financer leur équipement numérique avec l'appui d'un Intégrateur, un responsable qui a la tâche de collecter les frais de copies virtuelles (VPF: Virtual Print Fee) de tous les distributeurs qui désirent présenter leurs films sur un écran de cinéma numérique. À l'exception de Cinéplex qui a créé son propre intégrateur canadien avec Empire Theatres, les intégrateurs sont des compagnies américaines, sans aucun lien administratif, décisionnel ou autre avec le Québec, ce qui signifie, au final, que la programmation des salles de cinéma au Québec est décidée par des entreprises étrangères.

Cette situation contribue donc à fermer les régions du Québec au cinéma documentaire et de fiction, qu'il soit étranger ou québécois, selon le RDIFQ (Regroupement des distributeurs indépendants de films du Québec). À mesure que dans les villes en province s'installent des projecteurs numériques, les films de répertoire disparaissent. Des années de fidélisation du public aux oeuvres cinématographiques internationales sont en train d'être détruites par cette technique et son mode de financement. Le RDIFQ considère qu'il s'agit d'un régression de plus de 50 ans en arrière.

Pour avoir main mise sur la programmation des salles de cinéma, les Intégrateurs exigent que les exploitants se débarrassent de leurs projecteurs 35mm et lecteurs Blu-ray/DVD de manière à rendre techniquement impossible toute autre programmation que celles qu'ils vont autoriser en vertu des paiements des VPF. La taxe des VPF équivaut environ à 950 $ US par film (plus les frais de virement à l'étranger) et par salle.

Le RDIFQ propose donc un Intégrateur québécois; « Cet Intégrateur pourrait être géré par la Régie du Cinéma, qui émet les visas des films et en perçoit la taxe ainsi que celle des timbres des DVD. La Régie possède déjà une expertise en la matière. Il s'agit de suivre le modèle européen, d'arracher les salles du Québec au contrôle des compagnies étrangères qui imposent leurs tarifs sans tenir compte du caractère particulier du Québec. »

« Ce système implique de racheter les contrats des exploitants signés avec les compagnies étrangères et de regrouper, autour de cet Intégrateur québécois, les salles indépendantes qui ont ou qui vont s'équiper de nouveaux projecteurs. Cela implique aussi de ne pas obliger les exploitants de salles à se départir de leurs projecteurs 35mm ou leurs lecteurs Blu-ray/DVD, et autres formats, garantissant ainsi la possibilité de programmer une variété de films dans différents formats et de conserver une place aux productions locales, aux courts-métrages, aux documentaires, aux films d'auteurs et aux films de toute provenance. »

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