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Lundi 14 août 2006 à 17h00

La belle empoisonneuse

Photo Par Karl Filion

C’est dans le cadre enchanteur d’une villa centenaire, dans le quartier Sillery à Québec, que le réalisateur Richard Jutras, les acteurs Isabelle Blais, Andrée Lachapelle, Isabelle Miquelon, Benoît Gouin et Maxime Denommée tournent depuis plus d’un mois le film La belle empoisonneuse. Dans une période de marasme économique dans le domaine du cinéma, particulièrement à Québec depuis la fermeture d’Ex Machina, ce projet aurait très bien pu ne jamais voir le jour. Mais l’ingéniosité des producteurs, et les sacrifices des acteurs, ont permis à ce tournage de se réaliser sans l’appui financier de Téléfilm Canada, qui n’a pas voulu investir dans le projet, mais avec celui de la SODEC.

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En conférence de presse, le producteur Yves Fortin a affirmé la volonté de toute l’équipe de production : « On a décidé de répondre par l’action. On s’est dit : « On va le faire le film, et notre film il sera bon, il sera vu et il sera apprécié. »

Homère Angelopoulos-Lacroix a vingt-cinq ans. Passionné de mycologie et de tragédies grecques, il passe le plus clair de son temps à se raconter des histoires et à rêver aux truffes blanches qui feront sa fortune. Mais lorsqu’il rencontre la belle Julie Paré, son univers bascule. Prêt à tout pour la conquérir, le jeune homme est entraîné dans une série d’événements insolites où se croisent un humoriste pervers, un philanthrope manipulateur, des biscuits aux champignons toxiques et un buste de Dostoïevski volubile. L’histoire prend alors des allures de parcours initiatique pour notre héros qui replonge dans la tragédie qui a marquée son enfance, la mort de sa sœur dont il se croit responsable...

Richard Jutra réalise donc un premier long-métrage depuis Dette de sang, en 2001, après avoir longtemps fait carrière dans le domaine du court-métrage. Son film fera la tournée des festivals l’été prochain, avec de prendre l’affiche au Québec à l’automne 2007.

Maxime Denommée

Au début du film, le personnage d’Homère, incarné par Maxime Denommée, est inconscient et dans une ambulance. C’est lui qui va raconter l’histoire, c’est lui le narrateur, c’est donc lui le personnage principal.

« C’est la première fois que mon rôle est numéro un, mais j’ai connu quand même des gros plateaux. » L’acteur a participé l’an dernier à Idole Instantanée, d’Yves Desgagnés, et sera très prochainement dans La vie secrète des gens heureux, du réalisateur Stéphane Lapointe.

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« Je connaissais déjà Richard Jutra pour avoir tourné dans un court-métrage qui s’appelait Flagrant Délit, c’est lui qui m’a appelé chez moi pour m’offrir le rôle. Je n’ai pas eu à hésiter longtemps. » Il a quand même voulu s’assurer de lire le scénario. « J’ai lu le scénario en espérant que ce soit bon, parce que j’avais envie de le faire, mais avec intérêt et enthousiasme et j’ai accepté sans problème ».

Qui est donc cet Homère, tout droit sorti de la mythologie grecque? « C’est un jeune mythomane, passionné de petits champignons et de tragédies grecques, qui est pris avec un remord, parce qu’il croit que sa sœur est morte par sa faute. Ça l’empêche de vivre, ça le gruge, ça le pousse à mentir. Il est tanné de vivre dans le mensonge et dans la littérature, et il veut qu’il se passe quelque chose, de l’action. » Alors il va rencontrer Roxane qui, comme la plupart des personnages dans le film, a aussi ses secrets. « Soudainement, il rencontre la belle Roxane et il tombe en amour, c’est le coup de foudre. Il va essayer de la séduire. Lui qui voulait avoir des péripéties dans sa vie, il va être servi. »

« C’est un personnage assez proche de moi. Je lis moins que lui, mais j’ai un côté lunatique qui me rejoint. »

Comme ce n’est pas la première fois qu’il travaille avec Richard Jutra, Maxime Denommée n’hésite pas à s’impliquer entièrement. « Sur le plateau, on est assez libre. Le réalisateur nous laisse beaucoup de place pour la mise-en-bouche. Si on trouve que le texte est trop littéraire, on peut vraiment le transformer. On fait un travail avec lui avant de tourner la scène avec lui, pour s’assurer que tout le monde est heureux. C’est ça le but, parce que si on n’est pas bien avec quelque chose, ça va paraître à l’écran. »

Isabelle Blais

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La graduée du Conservatoire d’art dramatique de Montréal, qu’on a pu voir en 2005 dans Saints-Martyrs-des-Damnés, joue dans La belle empoisonneuse le rôle de Roxane, « une femme fermée, ténébreuse, qui cache un secret comme beaucoup de monde, et qui est dans une mauvaise passe. », selon ses propres mots.

« Elle rencontre Homère et elle tombe en amour, mais ce n’est pas un bon timing. Elle vit tellement autre chose qu’elle ne peut pas s’abandonner à ça.» Elle vit chez sa grand-mère, avec sa mère et l’amant de celle-ci, et dans le désordre lorsqu’elle le rencontre.

Son personnage est donc possiblement la belle empoisonneuse, avec sa mère et sa grand-mère, qui sont incarnées par Isabelle Miquelon et par Andrée Lachapelle.

Benoît Gouin

L’acteur, connu pour sa performance dans Québec-Montréal, a également joué dans Mémoires Affectives, de Francis Leclerc, et fait présentement partie de la distribution de My Fair Lady, qui amorcera prochainement une tournée québécoise.

« On m’a approché directement pour me demander si j’étais intéressé à paraître sur la demande de subvention, qu’on avait un rôle pour moi. Alors quand le projet s’est concrétisé, ils m’ont demandé de la faire. J’étais très très très content, parce que c’était un beau scénario, avec une belle histoire, avec quelque chose de poétique. C’est le parcours initiatique d’un jeune qui découvre des choses par rapport à lui-même. »

« Je suis le patron d’Homère, et le beau-père de la belle Roxane. Et je veille au grain, parce que le jeune Homère ne m’inspire pas confiance, c’est un peu un looser qui ne devrait pas flirter avec ma belle-fille, parce qu’elle mérite mieux. »

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Et par rapport à l’existence même du projet, l’acteur affirme : « Je trouve ça merveilleux que la volonté des artistes est toujours plus forte que les moyens. Mais je trouve ça malheureux, parce que ça prouve que les artistes ont cette volonté-là, alors les organismes subventionnent en se disant qu’on peut le faire avec peu de moyen. »

Cela oblige (ou permet, c’est selon) d’innover et de trouver des façons de faire ce qu’il faut pour moins cher. « C’est toujours très créatif sur le plateau, tout le monde est là pour les bonnes raisons. Ils ont décidé de participer à ça pour le pur plaisir de la création. »

La belle empoisonneuse prendra donc l’affiche à l’automne 2007.

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