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Samedi 6 août 2011 à 07h00

L'Hebdo : Mais comment tout a commencé?

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily
Une scène du film Rise of the Planet of the Apes

Les prologues, communément appelés « prequels », sont maintenant monnaie courante au sein de notre cinéma contemporain. Il y a eu Francis Ford Coppola qui a démontré ses talents de visionnaire et d'écrivain émérite en ne faisant pas uniquement suite à son succès The Godfather, mais en lui insufflant également une genèse dans The Godfather II; il y a aussi eu Steven Spielberg qui a assis les fondements narratifs de Indiana Jones and the Temple of Doom en 1935, quelques années avant l'histoire de Raiders of the Lost Ark et, évidement, George Lucas qui, plusieurs années après son Return of the Jedi, a décidé de donner un nouveau souffle à sa franchise en imaginant les prémisses de cette histoire qui fait maintenant partie de notre mythologie. On peut affirmer, sans trop de doutes, que Lucas est probablement celui qui a permis aux « prequels » de prospérer dans le monde cinématographique d'aujourd'hui. Après la performance - critique et pécuniaire - de ses trois chapitres, personne ne doutait plus des immenses possibilités des antépisodes.

C'est maintenant au tour de The Planet of the Apes de subir sa cure de rajeunissement et de faire l'objet d'un avant-propos. Rise of the Planet of the Apes, paru dans les salles vendredi, dépeint les évènements qui ont amené Caesar, le primate qui a amorcé la révolution des singes, à se soulever contre les humains et à les reléguer au rang d'esclaves. Il fallait bien de l'ambition - et une pointe de crédulité - pour oser s'attaquer à une saga si importante dans l'imaginaire collectif. Un risque engendré par la plupart des prequels est évidemment celui de ne pas respecter entièrement la mythologie qui entoure les personnages, l'univers, et ainsi décevoir les fans de la première heure. Les remakes et les suites ont également ce problème, mais s'attaquer aux origines mêmes d'une mythologie est un défi d'autant plus grand puisqu'il aura une influence directe sur les oeuvres déjà créées, jusqu'à modifier complètement la façon de les percevoir.

Au-delà du simple intérêt d'exploiter à l'usure une franchise rentable et célèbre, il y a, derrière ces nombreux avant-propos, un besoin humain de connaître l'origine des choses, leur genèse, qui peut expliquer la surexploitation du concept de prequel. Cette tendance que nous avons à regarder différemment un univers connu, après en avoir appris davantage sur ses prémisses, peut, certes, déranger certains adeptes, mais aussi en augmenter le nombre. En imaginant une nouvelle amorce à une histoire qui fait déjà partie du bagage collectif, on permet à de nouveaux cinéphiles de découvrir les oeuvres précédentes - et de les écouter dans un ordre chronologique -, et donc, on retarde la mort de certains classiques.

Les films d'horreur ont souvent utilisé cette technique au cours des deux dernières décennies pour expliquer les origines d'un meurtrier, les raisons de sa démence. Psycho IV: The Beginning, qui présente un vieux Norman Bates hanté par des flashbacks de son enfance, fut le premier à utiliser le suffixe « The Beginning ». Ensuite ont suivi The Texas Chainsaw Massacre: The Beginning, Exorcist: The Beginning et Ginger Snaps Back: The Beginning. Saw V, Halloween, Hannibal Rising, [REC]³ Génesis et Amityville II: The Possession sont aussi - en totalité ou en partie - des prologues à une populaire franchise d'épouvante. The Thing, qui précède l'autre The Thing paru en 1982, et Prometheus, qui est un prélude à Alien de Ridley Scott, sont les prochains antépisodes angoissants que l'on pourra voir sur nos écrans très bientôt.

Bien que l'horreur se prête bien à ce type d'organisation narrative, d'autres genres cinématographiques ont su exploiter cette façon de faire à travers le temps. Le film d'animation n'a, par exemple, pas donné sa place en terme de prequel, mais la plupart n'ont fait que de brèves apparitions en format DVD. Cette présence effacée de l'antépisode dans le monde de l'animation est sur le point de changer puisque Pixar, la compagnie qui nous a donné certains des meilleurs films d'animation de la dernière décennie, a décidé de faire de la suite de son Monsters Inc., un prequel. Titré Monsters University, le long métrage dépeindra la rencontre de Mike Wazowski et de Sulley alors qu'ils n'étaient que de jeunes étudiants ambitieux.

On ne pourrait parler des prequels sans mentionner ces longues et honorables franchises qui ont marqué le monde du cinéma. La saga The Lord of the Rings connaîtra bientôt un nouveau souffle grâce à ses deux préambules - The Hobbit: An Unexpected Journey et The Hobbit: There and Back Again, présentement en tournage en Nouvelle-Zélande. La série X-Men a également reculé dans le temps grâce à X-Men Origins: Wolverine et, tout récemment, X-Men: First Class. On tente également de redonner vie à certains classiques grâce aux prequels. Par exemple en 2003, New Line Cinema avait sorti Dumb and Dumberer: When Harry Met Lloyd, qui dépeignait la rencontre d'Harry Dunne et de Lloyd Christmas, deux personnages cultes découverts dans le film Dumb & Dumber en 1994.

Bien que plusieurs maintiendront que le prequel est une approche surutilisée et souvent bâclée, elle reste une manière efficace de « poursuivre » une franchise ou d'en raviver une autre qui peut être trop jeune pour un remake (quoi qu'on refait bien Millénium à peine deux ans après sa version originale suédoise) ou dont les origines sont mystérieuses et gagnent à être connues. Le prequel est encore bien loin d'être un concept usé ou désuet, mais qu'un film soit attaché à une franchise ou non, il se doit d'assumer son sujet et de le livrer efficacement. Les bons films - qu'ils soient prequel, suite, remake ou idée originale - ne sont pas jugés sur leur provenance, mais bien pour leur finalité.

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