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Samedi 23 octobre 2010 à 07h00

L'Hebdo : Festivals d'influence

Photo Par Karl Filion
Une scène de Ben X

Les festivals de cinéma sont l'occasion pour les cinéphiles de voir des films qui ne prendraient pas l'affiche dans nos salles autrement. Au-delà de la complexité de faire ressortir le bon film, le film à voir, à travers une programmation souvent trop généreuse (pensons au FFM et ses 400 films, courts et longs, annuellement...), il devient de plus en plus difficile de faire le bon choix, de conjuguer un horaire complet sans être inhumain (certains journalistes ont des familles, paraît-il), alors que l'offre présentée est souvent aussi diversifiée qu'exigeante. Surtout que beaucoup de films sortent directement de l'obscurité. Parfois cependant, la réception est si enthousiaste qu'un film, qui était destiné au marché du DVD ou à l'oubli pur et simple, sort finalement sur les écrans québécois alors qu'il n'avait rien à espérer.

Les festivals s'influencent même entre eux : on compte sur le FNC pour présenter des films qui ont été sélectionnés à Cannes, Venise et Toronto, et ces films attirent un peu plus l'attention que les autres, parce qu'ils sont le « sceau » de qualité de la communauté cinématographique internationale. Certains distributeurs utilisent les festivals pour créer un « buzz » autour de leur film qui prendra l'affiche bientôt.

Le Ruban blanc, fort de sa Palme d'Or mais annoncé l'an denier plusieurs jours après la programmation principale du FNC, avait été présenté tôt un dimanche matin dans une petite salle d'ExCentris afin que quelques cinéphiles seulement puissent voir le film et commencent à en parler à leurs proches. Cette année, on voit la même stratégie avec Des hommes et des dieux et L'illusionniste, présentés une seule fois au FNC cette semaine. On montre le film aux critiques, aux journalistes, aux leaders d'opinion, qui en parlent discrètement à leur entourage, qui en parle aussi, et quand le film prend l'affiche (au début de 2011, dans ces deux cas-ci) il a déjà un public impatient de le voir.

L'exemple du Festival du Nouveau Cinéma, qui se termine ce dimanche avec la présentation de la plus récente Palme d'Or, Oncle Boome Who Can Recall His Past Lives, du réalisateur thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, est aussi une porte d'entrée pour certains films étrangers. D'abord dans le cas de cette Palme d'Or, qui n'avait pas été achetée pour le marché québécois lors de sa présentation sur la Croisette. Le film était donc destiné au marché du DVD. Mais les échos conjoints de Cannes et du FNC ont convaincu le Cinéma du Parc d'ajouter le film à sa programmation, et le film prendra bientôt l'affiche à Montréal. Si l'expérience est concluante, qui sait ce qui pourrait arriver.

Le cas d'Enter the Void, un film particulièrement exigeant du réalisateur français Gaspar Noé, est à noter. Le film prendra finalement l'affiche au Cinéma du Parc le 29 octobre prochain (jusqu'au 11 novembre) après qu'on eut tergiversé toute la semaine du côté des Films Séville à savoir si le film allait être projeté en salles, ou s'il allait plutôt prendre directement la direction des tablettes. Les échos du Festival du Nouveau Cinéma, où le film a grandement attiré l'attention des festivaliers, ne sont certes pas étrangers à cette sortie. Une sortie limitée, certes, mais encore une fois, si la réponse est positive (ça veut dire faire de l'argent), le film pourrait prendre l'affiche ailleurs.

Il y a trois ans, la sortie de Ben X avait été rendue possible par un accueil enthousiaste au Festival des Films du monde, alors que le film a été présenté à Montréal sans avoir de distributeur. Vainqueur (ex aequo avec Un secret) du Grand Prix des Amériques, puis acquis par Les Films Équinoxe, le film avait amassé 191 825 $ au Québec, sur douze copies - un résultat inespéré pour un film néerlandais, sous-titré, abordant les thèmes du suicide et de l'autisme, sans grande vedette au générique... Comme défi de mise en marché, on ne fait pas beaucoup mieux, pourtant le film a su trouver son public.

On ne peut souhaiter que des films comme Kaboom, de Gregg Araki, profitent de cet écho enthousiaste émanant du FNC suite à deux projections à guichets fermés cette semaine. Le film, un véritable plaisir coupable, n'est pas prévu sur nos écrans. Est-ce que l'impact d'un festival lui ouvrira les portes des salles commerciales? À ce stade-ci, c'est malheureusement une question de foi...

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