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Samedi 17 mars 2012 à 07h00

L'Hebdo : Buddy Cop

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily
Des scènes de Bon Cop, Bad Cop, Lethal Weapon, 21 Jump Street et Starsky and Hutch

Le remake de la série télévisée des années 80 21 Jump Street, qui mettait en vedette Johnny Depp, a pris l'affiche dans les cinémas vendredi dernier. La comédie d'action s'inscrit sur la longue liste des « Buddy cop movie », un style bien spécifique qui a su prouver son efficacité et développer ses standards depuis ses premiers balbutiements à la télévision dans les années 60. Le « Buddy cop movie » met généralement en vedette deux hommes très différents que le destin (ou un patron zélé ou une bavure impardonnable ou toute autre excuse crédible) a réunis pour qu'ensemble ils résolvent un mystère ou un crime qu'ils n'auraient pu élucider seul. Le duo comprend, la plupart du temps, un rebelle et un intellectuel, une personne qui aime défier les lois et un autre qui se donne comme mission de les respecter. Ces deux personnalités contradictoires entrent souvent en conflit et ce sont ces rencontres électriques qui engendrent des situations comiques qui font la richesse de ce genre de film.

Bien que l'on puisse affirmer que les films de cowboys des années 30 sont les précurseurs des « Buddy cop movie » actuels, les premières véritables représentations du genre dans sa plus simple expression remontent au milieu des années 60 avec la série télévisée I Spy, qui mettait en vedette deux agents de la CIA qui parcouraient le monde sous couverture. Starsky and Hutch, né à la télévision dans les années 70, est aussi l'un des promoteurs du style. Ces deux émissions ont d'ailleurs fait l'objet d'adaptation cinématographique. La première, parue en 2002, mettait en vedette Eddie Murphy et Owen Wilson, alors que le second a pris l'affiche en 2004 et était un véhicule pour Ben Stiller et Owen Wilson.

Il y a eu par la suite au cinéma plusieurs franchises inspirées de ce concept très populaire auprès du public. Lethal Weapon est l'un des plus grands succès de la fin des années 80 avec des recettes cumulatives de 487 millions $ au box-office nord-américain en quatre films. Rush Hour avec Jackie Chan et Chris Tucker est aussi un classique du genre, tout comme Bad Boys avec Will Smith et Martin Lawrence et 48 Hours mettant en vedette Nick Nolte et Eddie Murphy. Des comédies originales inspirées du style « Buddy cop » ont aussi su se démarquer. Loose Cannons, National SecurityThe Other Guys ou plus récemment This Means War (dans lequel deux espions se disputent la même femme) en sont des exemples évidents.

Il n'y a pas que les Américains qui produisent et profitent de la popularité de ce genre distinctif. Les Ripoux, une série de trois longs métrages français racontant l'histoire de deux policiers véreux - joués par Philippe Noiret et Thierry Lhermitte - qui encaissent les pots-de-vin et autres commissions occultes, a su se démarquer chez elle comme à l'étranger. La comédie britannique Hot Fuzz a aussi profité d'un enthousiasme substantiel et le film irelandais The Guard, sorti en 2011, a aussi intrigué le public. Le Québec ne fait pas exception à la règle, au contraire. Les deux films ayant connus le plus grand succès au guichet chez nous sont tous deux des « Buddy cop movie »; Bon Cop, Bad Cop et De père en flic (on pourrait aussi nommer L'appât qui employait également ce style, mais disons qu'on peut difficilement ici parler de « succès »).

Qu'y a-t-il donc dans ces films de si exceptionnel pour connaître une telle popularité à travers le monde? Le mélange de comédie, d'action et de suspense est probablement la principale raison de cet intérêt général pour les « Buddy cop movie ». En opposant deux individus antinomiques, on s'assure de quelques conjonctures amusantes, et de faire de ces derniers des policiers promet des séquences d'action à la fois enlevantes et burlesques.

21 Jump Street, dans lequel Channing Tatum et Jonah Hill incarnent deux jeunes policiers chargés d'infiltrer une école secondaire, pousse l'exercice encore plus loin en intégrant quelques références explicites à de célèbres « Buddy cop movie ». Les personnages font entre autres référence à Die Hard: With a Vengeance, le troisième de la série, dans lequel John McClane, aidé par un propriétaire de magasin, essaie d'arrêter un poseur de bombes à travers New York.

Le « Buddy cop movie » s'est grandement étoffé depuis ses origines. Certains sont plus sentimentaux comme This Means War, d'autres sont inspirés de classiques de la littérature (Sherlock Holmes) et certains penchent même dangereusement vers la parodie (White Chicks). Mais une chose demeure : la recette fonctionne et aura toujours une place de choix au sein du cinéma populaire.

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