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Jeudi 19 avril 2012 à 16h04

Kim Nguyen parle de Rebelle

Photo Par Karl Filion
Kim Nguyen sur le plateau de Rebelle

Kim Nguyen, dont le plus récent film Rebelle, prend l'affiche dès vendredi à Montréal, a profité de son expérience acquise sur les plateaux de Le marais, Truffe et La cité, ses trois premiers films, pour réaliser ce projet de grande envergure, tourné au Congo et dont l'écriture a commencé il y a dix ans.

Fallait-il être un réalisateur expérimenté pour mener à bien ce projet? « Je pense que oui. Je suis encore très immature, en fait, mais à quelque part, il fallait presque un retour à une naïveté, c'est-à-dire de ne pas sentir la pression de dire les choses, d'essayer d'être authentique, d'être dans le moment. Le scénario c'était un peu ça : d'accepter les choses. »

« Dans le film, il y des réalités assez dures, et les institutions et moi-même, on avait de la difficulté à accepter. Tu veux toujours que ça finisse bien, ça a été long à accepter.

Les acteurs principaux sont jeunes et non-professionnels. Il fallait être en mesure de bien les diriger malgré les conditions. « Il fallait que j'aie fait mes trois films précédents pour faire le travail improvisationnel qu'on a fait, pour ne pas avoir peur de le faire. Une des nouvelles méthodes qu'on a utilisée dans le film, c'est de ne pas tout dire à tout le monde. Je cachais des trucs aux comédiens, parfois ils s'attendaient à ce que l'autre comédien fasse le contraire, je faisais même la même chose pour la technique. »

« Ça créait un espèce d'interaction, ça mettait tout le monde en lien avec l'autre. On était connectés. Ça empêchait la paresse. Tu ne pouvais pas juste faire tes lignes, fallait que tu sois investi dans le film. »

« Comme on a tourné en chronologie, et que les acteurs n'avaient pas lu le scénario, ça donnait la vraie fébrilité qu'on a, dans la vie, de ne pas savoir ce qui va arriver le lendemain. On n'a pas à le jouer. Je trouve que les comédiens se sont bien servis de ça. »

Est-ce que cette technique de tournage influence aussi le montage? « Il y a nécessairement des moments de lenteur, il faut accepter qu'il y ait plus d'espace temps entre les coupes. Mais de toute façon, c'est quelque chose que j'ai essayé de faire plus par rapport aux précédents films. La continuité, tout ça, oui, mais en même temps, chaque coupe au montage n'a pas besoin d'être en continuité parfaite, on doit plutôt construire l'univers. »

Est-ce que le lieu de tournage, Kinshasa au Congo, influence le scénario? « La fable était déjà déterminée, comme les fantômes, certaines réalités comme le coq blanc, les albinos, les gros morceaux étaient là. Quand on est arrivés à Kinshasa, il y a plein de trucs qu'on n'aurait pas pu imaginer qui se sont ajoutés au scénario. Autant visuels que dans l'histoire. »

Fallait-il éviter le piège de l'exotisme? « C'est au spectateur de dire si mon film est tombé dans l'exotisme ou pas, moi j'ai essayé de m'éloigner de ça. S'il y a du mysticisme dans le film, c'est parce qu'en Afrique il y a du mysticisme. Pour moi, ce qui fait la différence c'est Rachel Mwanza. Elle est vraiment extraordinaire. »

La jeune femme a remporté l'Ours d'argent de la meilleure actrice au Festival de Berlin plus tôt cette année. « Le feeling que j'ai quand je vois sa performance, et même en tournant on le voyait tout de suite, c'est qu'il y a une ampleur dans son jeu qui n'est pas juste réaliste. Elle a une ampleur dans son énergie, dans son charisme... c'est comme une grande vedette qui fait son premier rôle. »

Connaît-elle mieux son personnage que le réalisateur le connaît? « Oui, je dirais que oui. Si tu n'as pas une bonne performance, tu n'as pas de film, et moi je suis complètement au service de l'authenticité. Si j'ai anticipé quelque chose, mais que l'authenticité n'est pas là, je suis prêt à tourner le contraire. D'après moi, d'abord et avant tout, c'est l'authenticité du jeu. Pas nécessairement la précision, mais l'authenticité. »

« Orienter, mais garder les atomes libres, pour que l'authenticité persiste mais qu'il y ait des moments de spontanéité qu'on n'aurait pas pu imaginer. Tout le monde a été construit de cette façon-là. C'est quelque chose que je vais essayer de conserver pour mes prochains films. »

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