entrevue
Jeudi 13 juin 2013 à 16h01

François Cluzet et Yvan Attal parlent de Do Not Disturb

Photo Par Karl Filion

Yvan Attal et François Cluzet dans Do Not Disturb

La comédie française Do Not Disturb, présentée l'an dernier au Festival International du Film de Toronto, prend l'affiche à Montréal ce vendredi. Lors de sa sortie en France en octobre dernier, le film avait peiné à rencontrer son public avec à peine 105 000 entrées et avait encaissé des critiques assassines. Le film est l'adaptation française de Humpday, un film américain de Lynn Shelton.

Réalisé, scénarisé et interprété par Yvan Attal, qui partage la vedette avec François Cluzet et Laetitia Casta, le film raconte l'histoire de deux amis d'enfance, Ben et Jeff, qui se retrouvent après des années. Un soir de fête, ils décident, au nom de l'Art, de tourner un film porno gai afin de participer à un festival de cinéma amateur. Auront-ils le courage d'aller jusqu'au bout? Et comme réagira la femme de Ben, Anna?

Il s'agit d'un troisième long métrage comme réalisateur pour Yvan Attal, mais un premier qui ne soit pas une idée originale. « Je trouvais que c'était un exercice intéressant de faire un remake. Déjà, de tourner un film qui ne vient pas de vous, de tenter de se le réapproprier, d'essayer de faire un film qui vous ressemble... et je trouvais que la partition elle-même était intéressante à jouer. »

Car vous êtes devant et derrière la caméra à la fois. « Ça ne me pose pas de soucis, je fais ça depuis le début. J'aime bien tout ça, en fait. J'aime bien jouer, j'aime bien mettre en scène, j'aime bien écrire, j'aime bien monter... C'est presque moins angoissant d'avoir à jouer dans mes propres films que de ne pas avoir à jouer. »

Cela doit affecter votre direction d'acteurs? « Non, de l'intérieur on sent bien entre acteurs si une scène marche ou si elle ne fonctionne pas. C'est sûr que si je n'avais pas eu déjà une certaine liberté comme acteur, je n'aurais jamais pu le faire. »

Vous savez mieux quoi leur dire, comment les diriger... « Je les dirige de l'intérieur. Je sais ce dont j'ai besoin, donc je suis à l'affût de ça. Parfois, quand la caméra est sur eux, je peux provoquer des choses. Chaque acteur a ses propres angoisses, sa manière de faire, ses limites, ses inhibitions, mais en même temps, chaque acteur est là pour jouer un rôle qui n'est pas le même qu'un autre. »

François Cluzet, lui, a vécu difficilement ce double-rôle. « C'était assez délicat. C'était un peu schizophrénique de jouer avec mon partenaire qui est en même temps le metteur en scène. Quand il dirigeait j'avais envie de le diriger aussi, mais non, je ne peux pas le diriger parce que je ne suis pas le metteur en scène. On a essayé de faire ensemble... c'était une situation très délicate. »

Avez-vous cherché à voir le film original?« Avec Ne le dis à personne, je n'ai pas voulu lire le livre, parce que je n'ai pas besoin d'une autre partition que celle du script, et là, je n'ai pas besoin d'un autre point de vue que celui d'Yvan, pour faire le film. Ça me suffisait largement. »

Comment vous a-t-il présenté le projet? « Il m'a dit qu'il cherchait un acteur qui soit drôle, mais qui ne soit pas étiqueté comédie. Il voulait faire une comédie, mais une comédie à la Yvan Attal, c'est-à-dire un film qui devient une comédie mais qui n'était pas une comédie dès le départ. »

Comment percevez-vous votre personnage? « On a longtemps travaillé sur le look, c'était très intéressant : le chapeau, la barbe, les cheveux, le bandana, et moi je tenais à ce que ne soient pas vraiment deux amis, mais que ce soit un opportuniste qui, au nom de l'amitié, va trouver le gîte et le couvert. Si c'étaient deux amis, il se connaitraient suffisamment pour se dire « mais comment veux-tu qu'on fasse un film porno gai ensemble? Je sais très bien que tu es hétéro, tu sais très bien que je le suis, on n'y arrivera jamais. » C'est pas deux amis, c'est deux types qui se provoquent. »

« Pour nous, les acteurs, c'est une nécessité d'être plus ouvert, et l'ouverture est plus féminine que masculine. Les hommes ont toujours tendance à se blinder davantage, mais nous sommes constitués d'une part de féminité et d'une part de virilité. Ce qui est intéressant c'est que, dans ce projet qu'ils ont de coucher ensemble, ils ne sont pas effrayés à l'idée d'être homosexuels. C'était intéressant de les montrer sous leur jour le plus féminin, c'est pour ça qu'on a essayé de gommer toute virilité trop apparente, c'est pour ça que j'ai pris des aspects soyeux. C'est tout sauf deux brutes épaisses. »

Do Not Disturb est distribué par Métropole Films.

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