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Mardi 21 avril 2009 à 14h00

Entrevues : Jean Lemire pour Terre

Photo Par Karl Filion

Dans le cadre du lancement du premier long métrage de la série Disneynature, le studio américain a fait appel au biologiste Jean Lemire afin d'en assurer la naration. Le film Terre, qui sera lancé le 22 avril, le Jour de la Terre, suit le périple à travers les saisons de trois familles : des ours polaires, des éléphants et des baleines.

Le film raconte la remarquable histoire de trois familles d’animaux et leur périple fascinant à travers la planète qui nous est chère. Terre croise des actions incroyables, qui se déroulent sur une échelle de temps inimaginable et en des lieux reculés pour réussir à capter les moments les plus intimes de la vie de créatures parmi les plus secrètes et les plus sauvages de notre planète.

Les réalisateurs Alastair Fothergill et Mark Linfield sont responsables de la série télévisée Planet Earth, qui a remporté quatre Emmy Awards.

Jean Lemire

« Disney a décidé de prendre un virage, de former une branche « nature » qui s’appelle Disneynature. Leur engagement est d’emmener des films « nature » sur grand écran à raison d’un par année au minimum jusqu’en 2014. »

« C’est pour ça que j’ai accepté, parce qu’on s’entend que si tu veux faire de l’argent, tu ne vas pas là-dedans! J’ai beaucoup aimé ça, j’ai aimé le respect de la population québécoise en se disant qu’on n’allait pas arriver avec une version broche-à-foin. »

« J’avais une grande liberté pour moi, pour les textes, ce qui est très rare. Évidemment, on ne change pas le film et on ne change pas le ton non plus. C’est un ton familial, ça c’est sûr. »

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Est-ce qu’un des trois milieux vous touchait davantage? « Moi j’ai passé plus de vingt ans à étudier les baleines, alors ça ça me touche. J’ai passé beaucoup de temps en Antarctique, alors ce sont tous des milieux qui me touchent beaucoup. Et ce sont tous des milieux où je pouvais intervenir, tu vois, parce que je savais exactement ce que le cinéaste avait vécu. »

Ce n’est cependant pas didactique, ce n’est pas moralisateur non plus. « Du tout, du tout. Ça c’était important aussi. Prenons la situation de l’ours polaire : on comprend bien qu’il y a de moins en moins de glace dans le Nord. Là tu vois un mâle qui nage et nage et nage et qui s’épuise parce qu’il n’y a plus de glace. Ça on l’a vécu en 2002, on l’a expliqué avec des graphiques... c’est une situation connue. Mais de voir un ours qui est obligé de s’en prendre à des proies beaucoup plus grosses, avec une fin même tragique, tu viens de tout comprendre. Tu n’as pas eu un cours didactique, juste à travers l’aventure de ces animaux-là, tu as tout compris. »

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Il y a aussi l’aspect « crédibilité » associé au nom de Jean Lemire. « Ils ne voulaient pas juste une voix, parce que sinon ils auraient quelqu’un qui a une bien plus belle voix, et même techniquement, avec un narrateur professionnel, ça aurait été bien plus vite et ça aurait coûté moins cher. Non, ils voulaient quelqu’un qui savait de quoi il parlait et qui était près de ce sujet-là. C’est plus qu’un travail de narrateur, c’est un travail d’ambassadeur. »

« Pouvoir faire vivre aux spectateurs, sur grand écran, des images comme ça, ça remplace n’importe quel discours pour la planète. La simple beauté du monde est certainement le message le plus puissant pour sensibiliser. »

Il y a une forte dramatisation pourtant, et le dénouement est très attendu, exactement comme dans un film de fiction. « Exactement, mais c’est comme ça dans la nature, quand les baleines partent sur les routes migratoires, on sait le nombre qui part, mais évidemment elles ne se rendent pas toutes. C’est ça la vie, c’est ça la nature. »

Avez-vous écouté la version anglaise, qui est narrée par James Earl Jones? « Je l’ai écoutée pour m’en inspirer un petit peu. On n’a pas voulu trop suivre le modèle, on a voulu donner nos propres émotions. Les intentions sont parfois un peu différentes, tu vois. Par exemple c’était très important de faire une différence avec la version de France, où c’est plus populaire, où on va parler de « papa ours » et de « maman ours ». J’ai éliminé ça. Quand c’était un peu trop anthropomorphique, je l’ai changé un peu, je n’ai pas voulu aller trop là-dedans. »

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