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Jeudi 7 juin 2007 à 17h25

Entrevues : Doubleurs de Les rois du surf

Photo Par Karl Filion
Cody et Lani dans Les rois du surf

Hier soir à Montréal avait lieu la première du film Les rois du surf, un dessin animé des studios Columbia Pictures qui a été doublé au Québec grâce à l’expertise, à l’adaptation, de Manuel Tadros.

Il y a Big Z, véritable légende du surf et idole de Cody Maverick, jeune passionné de ce sport, et il y a les autres. Depuis sa disparition, le rustre Tank Evans est le champion du monde incontesté. Mais quand Cody quitte son village natal en Antarctique pour participer à une compétition mondiale de surf, c’est pour le détrôner. Blessé lors d’un accident, il est sauvé par un ermite qui connaît bien le surf et qui pourrait donner quelques leçons au téméraire Cody.

Rachid Badouri prête sa voix au personnage principal de Cody, un jeune surfeur talentueux vivant en Antarctique. Benoît Brière incarne Big Z, une légende du surf qui s’est retirée prématurément et Mariloup Wolfe prête sa voix au personnage de Lani, maître-nageuse pour qui Cody aura le béguin. L’amusant Chicken Joe vit grâce à la performance d’Hugolin Chevrette. Rencontre avec eux.

Michel Beaudry, Louis-Philippe Dandenault et Tristan Harvey prêtent également leur voix à des personnages du film.

Benoît Brière

Le film était présenté dans une salle remplie d’enfants, qui ont tous fortement réagi pendant le film. Les acteurs, présents aussi, ont pu les entendre. « Magnifique! C’est un film qui se prend tellement bien, qui est agréable, qui n’est pas trop moraliste, l’histoire est jolie… J’ai trouvé ça extrêmement agréable.»

« Ce qui ressort c’est vraiment les images. Je n’ai aucune idée de comment ils ont fait, mais tu as l’impression de coller à des images de la réalité. »

Le film présente un défi particulier, parce qu'il est construit comme une télé-réalité. « Techniquement, en salle d’enregistrement. Il y a beaucoup d’overlap dans le film, et ce n’est pas évident en studio de coller à ça pour recréer la réalité. Il y a présence d’une tierce personne avec la caméra. »

Le doublage s'est fait en solitaire, un acteur à la fois. « C’était vraiment un à un. C’est encore plus difficile. Majoritairement, tu n’entends rien du tout et tu ne fais que dire tes lignes à toi. Si tu as à interrompre quelqu’un, tu dois donner l’impression que tu interromps quelqu’un alors qu’il n’y a personne! »

Pour ça, il faut faire confiance à Manuel Tadros. « Ah oui mais pour ça, ça va! »

« C’est un gros défi, très agréable à faire cependant. » ajoute pour terminer le comédien qui prêtera sa voix à la version québécoise de La rivière aux castors, prévu pour le mois d’août, en tant que narrateur.

Mariloup Wolfe

« C’était vraiment l’fun, c’est vraiment un trip faire du doublage. C’est de l’animation, alors ça donne une marge de manœuvre que j’aimerais développer un peu. On est un peu distraits par la technique quand on commence en doublage. C’est beaucoup de choses à assimiler. »

La jeune femme qu’on a pu voir récemment dans À vos marques… Party! , est surtout connue pour son rôle dans Ramdam. Dans Les rois du surf, elle incarne un des personnages principaux. « Je fais le personnage de Lani, une pingouine, c’est elle qui surveille la place où la compétition va avoir lieu. Cody va avoir un petit œil sur elle, elle est vraiment douce, vraiment protectrice. »

Elle aussi a apprécié la présence de nombreux enfants dans la salle. « C’est un public très spontané, alors quand la joke est bonne, ils rient, ils ont peur, ils posent des question, on entend chuchoter. »

C’était une première expérience en doublage pour elle, alors que Benoît Brière a beaucoup d’expérience dans le domaine. « Je n’ai jamais eu à être à ses côtés, je travaillais seule et je n’avais pas les autres pour m’aider. Personne ne me donnait la réplique, alors je n’ai pas été stressée d’avoir des grands comédiens à mes côtés. Avec le temps que ça m’aurait pris pour faire une prise alors que eux l’ont en une fois. »

Mariloup Wolfe tourne maintenant dans la série C.A., sera en vedette dans une septième saison de Ramdam et prendra l’été pour peaufiner ses projets personnels.

Rachid Badouri

« Cody veut toujours se dépasser. Il veut être recruté pour participer à une compétition. Il ne comprend pas que, pour être un des plus grands sportifs du monde, il faut que tu t’amuses. Lui, il veut toujours gagner. », voilà comment l’humoriste décrit son personnage, le héros de cette histoire, qui a de bien grands projets.

Badouri en est à une deuxième expérience de doublage en animation, après Au royaume désenchanté. « Je l’ai facile moi, je commence avec de l’animation. Peut-être qu’un jour ils m’appelleront pour un gros film. »

« C’est pour les enfants, faut pas se le cacher, c’est un plaisir de les voir et quand ils rient les enfants, ce n’est pas pour rien, c’est parce que c’est drôle. »

L’humoriste fera quelques spectacles au Théâtre Saint-Denis à l’automne avant de roder son spectacle. Il y aurait aussi un projet non-confirmé de cinéma dans l’air… dont on ne saura rien de plus.

Hugolin Chevrette

Avec quinze ans d’expérience en doublage, on a entendu très souvent la voix d’Hugolin Chevrette. Il la prête cette fois-ci à un poulet nommé Chicken Joe. « Le poulet un peu perdu. C’est un peu le comic relief, le petit drôle. Il est très sympathique, c’est un personnage attachant. »

« J’ai des défis à tous les jours. Celui que j’ai tout le temps, c’est d’arriver à jouer, mais sinon c’est d’arriver à coller au mieux à l’image, à faire vivre l’émotion que fait vivre l’original. À chaque fois qu’on travaille sur un projet, c’est à refaire. Le défi c’est de ne pas sonner doublage, de ne pas sonner lu. »

Il y a déjà d’autres projets sur la table pour lui dans le monde du cinéma. « Honnêtement, oui, mais je n’en parle pas trop. Je suis là pour créer l’illusion. Dès que les gens vont associer ma voix avec mon visage, il va y avoir un clash avec un personnage. Mais pour la BD, par exemple, je n’ai pas de problème. » On pourra donc l’entendre dans Star ou Boucher, avec Alain Zouvi, très bientôt à la télévision.

Manuel Tadros

À sa sortie de la salle, Manuel Tadros avait beaucoup apprécié son expérience. « Le mix est bon, les acteurs sont bons, le film est beau, j’ai trouvé que c’était très bien. »

Difficile cependant de ne pas trop voir les détails. « C’est normal, je suis tellement dedans. Je connais la moindre phrase, le moindre souffle… C’est trop chirurgical pour moi de le regarder tout à fait détendu, mais j’ai quand même eu quelques bons rires sincères et quelques joies profondes. Tout va, le film m’a apporté beaucoup de joie. »

L’adaptation du film n’était pas sans difficulté particulière. « Les acteurs ont l’habitude de doubler des gens qui jouent. Tandis que dans ce film-là, personne ne joue. C’est comme si on doublait du vrai monde. C’était la difficulté dans la direction, les emmener à faire les choses tout à fait naturellement et ne pas avoir un ton d’acteur. Tout le monde a réussi. »

« On a fait passer des auditions, parce que Sony voulait avoir des gens connus. Il fallait que l’animateur sportif (ndlr : Michel Beaudry) soit connu, il fallait que Lani soit une personnalité connue de la jeunesse, Cody devait être une étoile montante comme Rachid Badouri, et Benoît Brière pour le rôle de Big Z. »

Dans les prochaines semaines, Manuel Tadros s’attaquera au doublage de Hairspray, une comédie musicale, ainsi qu’à ceux de Bee Movie et de Bratz, où il adaptera aussi les chansons.

Lisez la critique du film sur Cinoche.com, en cliquant ici.

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