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Jeudi 26 juin 2008 à 11h30

Entrevues : Cruising Bar 2

Photo Par Karl Filion

Sans contredit le film québécois le plus attendu de l'année, Cruising Bar 2 prend l'affiche ce vendredi. Ce sera l'occasion pour les nostalgiques de retrouver Gérard, Patrice, Serge et Jean-Jacques dans de nouvelles aventures, vingt ans plus tard.

Rencontre avec Michel Côté et le réalisateur Robert Ménard.

Michel Côté

Pourquoi maintenant, pourquoi avoir attendu dix-neuf ans? « Ça aurait pu être le moment il y a deux ans, ça pourrait être le moment dans deux ans, 2008 n’est pas l’année idéale, c’est une question de timing. Il y a trois ans on s’est donné un an ou deux pour écrire le film à une rencontre par semaine pour un tournage en 2007, alors j’ai planifié mon horaire... »

Pour écrire un film comme Cruising Bar 2, il faut se mettre dans un état d’impudeur totale... « Ce n’étais pas facile, on a pitché, pitché, pitché, on aurait pu faire dix films différents; slapstick, gros gags, visuel, effets spéciaux, musique... Un moment donné, on est revenu au côté un peu documentaire, au côté humain. Juste voir les personnages, les espionner pendant deux ou trois jours. »

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Et quel constat peut-on faire? « On se rend compte qu’il n’y a absolument rien de changé. Peut-être quelques détails, les gars ne doivent pas cruiser de la même façon, mais en général... Chez Gérard ça n’a pas changé, c’est pareil... Il y a des gens qui cruisent sur internet. Les gens de cinquante ans n’ont pas le goût d’aller dans les bars, la musique est trop forte, on ne peut même pas parler. »

« Je n’ai pas eu de misère à retrouver mes personnages. J’ai la disquette à portée de la main, j’aurais pu faire les quatre dans la même journée ça ne m’aurait pas dérangé. »

Avez-vous un personnage préféré? « Non. Jean-Jacques est un peu moins trippant à jouer, mais quand même, il avait des bonnes scènes à faire dans le film. »

Est-ce qu’on peut rire sur le plateau? « On peut rire certain, mais on travaille. Les plateaux de Robert sont toujours agréables, et moi je ne supporte pas un plateau qui n’est pas agréable. Ça ne m’est jamais arrivé un plateau désagréable. Je choisis mes réalisateurs aussi, je ne m’embarquerais pas dans n’importe quoi. C’est un métier assez dur, on travaille assez fort, si en plus on se prend au sérieux et qu’on ne peut plus rire... »

Maintenant que le film est terminé, est-ce qu’il y a une scène que vous auriez faite différemment? « Avoir eu plus de temps, j’aurais peut-être mis une caméra de plus pour la scène de danse pour prouver que je ne suis pas doublé. »

Et pour la co-réalisation, c’était votre idée? « C’est Robert qui me l’a offert. On écrit ensemble, on choisit les acteurs ensemble, on prend la décision de prendre des acteurs très bons mais pas connus du grand public, le choix des costumes, diriger les acteurs, c’est déjà une co-réalisation. Mais sur le plateau c’est Robert qui dirige, moi, je n’avais pas le temps. »

Avez-vous été étonné de voir le film avec un public? « Il y a deux ou trois endroits où je ne comprends pas encore pourquoi ça ne rit pas. Mais c’est normal, un stand-up comique qui fait un show d’humour pour la premières fois, le lendemain tu peux être sûr qu’il va réécrire beaucoup de bouts. Mais un film, c’est coulé dans le bronze pour toujours, tu ne peux pas revenir en arrière. Et on fait un montage pour une salle pleine, pas pour une salle de critiques qui viennent voir le film. On ne peut pas faire deux montages... »

« On fait un film pour une salle de 250 personnes, pleine. »

Et qu’est-ce que les critiques n’auront pas compris du film? « Oh! ils vont tout comprendre. La comédie, c’est difficile. Il y en a qui vont adorer ça, il y en a qui vont aimer ça mais qui n’oseront pas le dire à leurs amis. Il y en a qui vont détester ça. C’est la vie, on ne peut pas plaire à tout le monde. »

« On connaît les défauts de notre film. Si on était milliardaire, on le referait. On aurait repris des scènes... Maintenant, il y a des places où ça ne rit pas, on est pogné avec! »

Robert Ménard

Comment est l’ambiance sur le plateau? « La première prise, tout le monde rit, parce que les techniciens n’ont pas lu le scénario. Après ça, c’est finit, ils travaillent. »

Est-ce difficile de garder le contrôle et de se concentrer sur la tâche à accomplir? « Je suis très préparé. Au tournage, je ne cherche pas moi-là, j’exécute ce qu’on a imaginé lors du découpage. Je ne cherche pas parce que je n’ai pas le temps. Ça coûte tellement cher. Tu n’inventes rien sur le plateau, tu exécutes ce que tu as pensé. »

« Ici, en plus, c’est très simple, il faut filmer une performance d’acteur. Tu ne peux pas inventer une cinématographie, ce film-là c’est Michel. »

C’est lui la vedette... « On a décidé de ne pas prendre de vedettes. Ma vedette c’est Michel. Tous les gros noms qui ont appelé, qui aimeraient ça... On a tout refusé parce que je ne voulais pas que les gens regardent l’autre acteur connu. Avec Michel, j’en ai quatre vedettes. »

Est-ce que Michel a un préféré parmi les quatre? « Je pense que Michel a de la difficulté avec Jean-Jacques, avec les trois autres il n’y a pas de problème. Jean-Jacques, c’est parce qu’il se cherche. C’est un fat, c’est un personnage assez difficile. »

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Il y a aussi beaucoup de Nissan dans le film, plusieurs placements de produits... « Le scénario original n’a pas été écrit pour un commanditaire. Mais quand Téléfilm et la SODEC ont coupé leur financement... Dans le scénario, le gars s’achète un char, alors pour moi ce n’est pas important que ce soit une Nissan ou un autre... Pour Adrien Gagnon, ça va avec le personnage, j’en prends moi aussi. »

« Ils nous ont donné 450 000 $ les commanditaires, alors, excuse moi, mais pour faire le film que je veux faire, ça me fait plaisir de le montrer. Ils n’ont rien exigé mais c’est évident que si le gars s’achète une voiture sport, c’est pour la montrer. Alors je vais la montrer moi aussi. »

« Ça n’a pas été facile de trouver tout notre financement, mais pour les autres films, moins populaires, imaginez combien difficile ça doit être. Je trouve aberrant que le gouvernement fédéral ne donne pas d’argent au cinéma quand le provincial donne 9 ou 10 millions $. »

Avez-vous dû couper des scènes du scénario? Auriez-vous aimé les voir? « Il y a trois scènes qu’on a enlevées du film. Elles seront dans le DVD, mais on les a enlevées pour des raisons de timing. Trois scènes seulement. Même que pour le DVD, j’aurais aimé en enlever plus! »

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