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Mardi 8 avril 2008 à 13h59

Entrevue : Gérard Krawczyk

Photo Par Karl Filion

Le réalisateur français Gérard Krawczyk, à qui l’on doit, entre autres, Taxi 4, Wasabi et Fanfan la Tulipe, a réuni Christian Clavier, Josiane Balasko et Gérard Jugnot au haut de l’affiche de L’auberge rouge, une comédie se déroulant dans une auberge éloignée de tout. « C’est un film que j’ai vu moi quand j’étais petit qui m’avait marqué. Je me considère comme un passeur d’histoires, quel que soit le film, alors de pouvoir faire connaître cette histoire à la jeune génération qui n’a pas vu l’autre film, ni le film précédent puisqu’il y en avait eu un en 1923, un film muet, ça me semblait intéressant. D’autant que cette histoire, elle me paraît assez actuelle. »

La sinistre auberge du Croûteux se dresse au milieu des sauvages montagnes du massif des Pyrénées. L'établissement est tenu par Martin et Rose, un couple d'aubergistes qui fait régulièrement assassiner par Violet - leur fils adoptif sourd muet - les voyageurs solitaires pour les détrousser. Par un soir d'orage, le bon père Carnus a sous sa responsabilité un adolescent qu'il doit conduire à un monastère perdu dans la montagne...

Est-ce qu’il a fallu modifier l’histoire originale? « On a orienté sur une version plus grinçante que la version précédente. De rendre plus humain les meurtriers que les victimes, c’est pas facile. On est dans un conte, qui tourne très vite en comédie grinçante... C’est un drôle de film, et, je pense, c’est un film drôle. »

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« On est en 1833, après la Révolution Française, il y a encore des aristocrates, des nobles, etc. On voit ces gens-là, assez égoïstes, même très égoïstes, très suffisants, arrogants, méprisants, non seulement avec les petits gens, mais entre eux! »

Qu’est-ce qui vous fait rire, au cinéma? « Beaucoup de choses. J’ai une prédilection pour le Woody Allen d’Annie Hall, ou Mel Brooks et les Monty Pythons. Dernièrement il y a une comédie extrêmement réussie de Dany Boon (Bienvenue chez les Ch’tis, ndlr). »

« Je trouve que l’humour c’est une arme très puissante pour dire des choses. On n’a pas souvent l’occasion de rire, pourtant c’est très bon pour la santé. »

Croyez-vous que les spectateurs québécois trouveront leur compte avec le film, pourtant très français? « C’est une histoire universelle, parce que c'est une nature de la société... Ces aubergistes, qui volent leurs clients et qui les suppriment pour ne pas qu’ils porte plainte, génèrent beaucoup de situations drôles. On parle de drames, mais les drames peuvent constituer des bases de comédies formidables. »

Est-ce que le tournage est nécessairement une partie de plaisir parce qu’on fait de la comédie? « Sur le plateau, on est souvent sérieux, parce que tout est écrit et qu’il faut vraiment que la musique soit là. La comédie, c’est quelque chose d’assez fragile et d’assez compliqué. Mais quelques fois, évidemment, il y a des fous rires. Je me souviens de Jugnot, quand il pète les plombs et qu’il se reprend immédiatement, ça nous a fait bien rire. »

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Vos acteurs ont-ils des qualités en commun? « Oui, je trouve que ce sont des acteurs généreux. Pour jouer la comédie il faut jouer avec les autres et il ne faut pas avoir peur d’avoir l’air idiot. Il faut lâcher la pudeur, et ce n’est pas facile. Ce n’est jamais valorisant. Les comédies ne sont jamais récompensées. La seule récompense c’est le public. Je suis sûr que si ces acteurs-là faisaient des drames, ça serait beaucoup plus simple pour eux. »

Est-ce qu’un autre de vos films traversera l’Atlantique et sortira au Québec prochainement? « Je ne sais pas si je vais les faire, mais sûrement... Il y a ce film, La vie est à nous, je suis certain qu’il y aura un écho ici, parce qu’on se ressemble quand même. C’est un film de village, de petites gens, c’est dommage qu’il n’ait pas été distribué ici. »

Le film prend l'affiche ce vendredi au Québec.

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