entrevue
Mardi 28 janvier 2014 à 16h02

Costa-Gavras parle de Le capital

Photo Par Karl Filion

Costa-Gavras sur le plateau de Le capital

Sorti en novembre 2012 en France, le plus récent film du réalisateur d'origine grecque Costa-Gavras, Le capital, prend l'affiche au Québec ce vendredi. Le film, qui met en vedette Gad Elmaleh, raconte l'histoire d'un banquier français qui prend le contrôle d'une des plus puissantes banques d'Europe et qui retourne le conseil d'administration contre lui.

Créé dans la foulée d'une crise économique importante, le long métrage aborde des sujets d'actualité. Y avait-il une urgence de raconter cette histoire? « Il est toujours bon de faire des films sur des sujets qui préoccupent la société. Avec les films, on a le temps de prendre du recul et de mieux synthétiser les choses que ne le fait la télévision ou que les quotidiens. Il y a des très beaux livres, mais les gens ne lisent pas les livres économiques. Le défi, c'est de pouvoir raconter des films simples et compliqués à la fois. »

Vous devez rendre le tout plus accessible... « Il a fallu faire presque de la pédagogie, parce que sinon, on ne comprenait pas. Alors on a fait un graphique visuel, parce que c'est plus facile à comprendre. J'ai essayé de simplifier pour que les gens comprennent, parce que si on rentre dans la complexité des systèmes économiques, on ne comprend pas... Mais sans changer la nature, quand même. »

« Toutes les scènes sont inspirées du réel. Certaines paroles même, je les ai prises de ce que des banquiers m'ont dit. »

Est-ce que la présence d'un humoriste très connu au générique fait partie de cette stratégie pour rejoindre le public? « Ce n'est pas vraiment une stratégie parce que ça pouvait être positif comme ça pouvait être négatif. Ce que je cherche chez un acteur, c'est d'avoir quelqu'un qui fait quelque chose de différent de ce qu'il fait habituellement, pour créer de la curiosité chez le spectateur. C'est l'originalité qui m'a plu dans ce cas-là. »

Dans son cas, on l'imagine beaucoup plus actif que le personnage. « Il l'est! Je ne sais pas si vous l'avez vu sur scène, mais il ne s'arrête pas! C'est une sorte de tempête sur scène. C'est ça qu'il fallait complètement changer. Mais je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi généreux avec son talent avec les autres. »

Préférez-vous travailler en amont ou sur le plateau avec les acteurs? « On fait tout sur le plateau. On discute un peu avant, mais on fait tout sur le plateau. Ça commence, à mon avis, avec les costumes. Au fur et à mesure, dans le travail, les choses ressortent. À partir du moment où Gad a accepté, c'était de trouver la désinvolture de quelqu'un qui a le pouvoir, le calme dans la voix. Gad l'a compris très vite. »

Le regard-caméra est un choix nécessairement délibéré. « Oui, délibéré. Dès le début du film, on dit : « voilà, je vous raconte une histoire ». En même temps, c'est Gad, et en même temps, c'est l'acteur. Le personnage, il a conscience de l'aspect négatif de son travail; il sait. »

« Le spectateur ne veut pas établir un contact personnel avec l'acteur, il faut que ce soit avec le personnage. Avec Gad, on a décidé de casser le personnage dès le début. »

Le capital est distribué par Les Films Séville.

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