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Vendredi 13 juillet 2007 à 11h30

Comédia : Rencontre avec Danny Lennon

Photo Par Karl Filion

Dans le cadre du Festival Juste pour Rire, le volet Comédia présentera du 12 au 22 juillet plusieurs longs métrages.

Cinoche.com était d’ailleurs au dévoilement de la programmation, le mois dernier, pour apprendre que Montréal recevrait, entre autres, Rowan Atkinson, Marlon Wayans et Bernard Farcy.

Cependant, le programmateur de courts métrages Danny Lennon a aussi préparé plusieurs programmes qui seront présentés au Monument-National pendant tout le festival. Le 13 juillet, on pourra y voir Les Meilleurs Moments de Comédia , animé par Les Satiriques à 19h, ainsi que Tout court Québec, animé par Alexandre Barette à 21h30. Puis, le 14, on présentera 100 % Animation, et Tout Court Franco-Belge, toujours à 19h et 21h30. Le billet coûte 9$.

Rencontre avec le programmateur de ces événements.

Danny Lennon

Programmateur dans plus de 50 festivals dans 20 pays, Danny Lennon voyage partout à travers le monde depuis huit ans pour trouver les meilleurs courts métrages.

« Je regarde à peu près entre 50 et 60 films par jour. Des fois c’est pire, 1 200 en quatre jours. Vu qu’il y a plus de films qui se font, il y a aussi plus de mauvais films qui se font. Avant l’arrivée de YouTube et compagnie, je dirais que un sur 100 était présentable. Avec la venue de YouTube, on est passé à un sur 180.»

« Dans les dernières années, les festivals se rendent compte qu’il y a de plus en plus de monde qui veut voir ça. Et avec Internet, tout le kit, le monde aime ça. Le format n’est plus une contrainte. »

Pourtant, le court métrage a connu de meilleurs années, particulièrement au cinéma et dans les salles plus commerciales. « Il n’y a pas de demande. Le monde a commencé à associer court métrage avec une bébelle, mais là, avec Internet et tout ça, les gens se disent : « Ah! C’est donc bien bon du court métrage ». Mais oui, ça a toujours été bon, c’est juste que ce qu’on montrait, ce n’était pas bon. « Court métrage, truc pseudo-intello », mais non! Ça peut être super trippant. »

Il y a déjà eu des précédents; un court métrage présenté avant un long dans les salles; ou des programmes complets. « On tombe dans le côté plus business, mais là, il faut que le long métrage soit un petit peu plus court. Il n’y aura jamais de court métrage avant un film de 2h30, parce qu’il faut mettre des bandes-annonces et des publicités. »

« Pourtant, dans un programme de courts, il peut y avoir tous les genres, toute la gamme des émotions. Tu en as plus pour ton argent. »

Comédie offre une belle opportunité d’élargir le public avec son écran extérieur sur la rue Émery. « Quand on a vu qu’on pouvait faire ça, c’était débile... On va aller rejoindre un public qui normalement qui ne se déplace pas pour le court, mais là ils vont marcher dans la rue et « Ah! Je connais telle personne, je l’ai vu dans tel film, ou à la télé. » Et ils vont s’asseoir et trouver ça intéressant. »

« Il y a de plus en plus d’acteurs québécois qui jouent dans des courts métrages. C’est ça que monsieur et madame tout le monde veut voir. C’est ça qu’on présente sur la rue Émery. »

Et pour sélectionner les films qui seront présentés? « Tu y vas selon l’instinct, selon l’émotion. Il faut avoir du fun, c’est quand même Juste pour Rire. On est là pour s’amuser, pas pour se prendre la tête. Du bon divertissement, cool, sympathique. Qui fait la job. »

Le Québec fait bonne figure sur la scène internationale. « On n’a rien à envier à personne. On a une bonne structure pour faire des films. C’est pas tout le monde, ce n’est pas facile, mais au moins il y a un accès. Au contraire, les films qu’on fait sont d’une diversité vraiment impressionnante. C’est fort dans tous les aspects. »

Deux programmes de courts québécois sont donc présentés pendant Comédia. Des programmes qui promettent beaucoup de diversité, parfois en français, parfois en anglais, parfois avec des films plus lourds, plus pesants.

« Oui, mais pour moi, l’humour, ça va vraiment du gros humour noir à la tarte à la crème. C’est vraiment de tout. Il y a des films plus lourds, mais encore là, il y a tout le temps un petit côté humoristique dans chaque. »

Est-ce difficile d'obtenir le droit de présenter des films étrangers (comme dans le cadre de Tout Court Franco-Belge)? « Ce n’est pas complexe, mais il y a des étapes. Faut trouver qui est responsable de ce film-là, qui a les droits. Ensuite il y a des circuits de festivals, des histoires de premières… Et c’est pas parce qu’un film vient du Québec que c’est moins compliqué souvent. C’est plus facile recevoir un film de Croatie qu’un film de Drummondville. Souvent il y a de la paresse. »

Les réalisateurs québécois sont d'ailleurs très présents à Comédia cette année, que ce soit à travers les projets Prends ça court!, Putain d'court!, Kino ou les subventions classiques. « Côté gouvernemental, tant et aussi longtemps qu’on ne donnera pas plus d’argent, ou de possibilité à du monde de faire du court, rien à faire. Pour l’instant, tout l’argent va sur le long, presque rien ne va au cours. Même quand des gros producteurs demandent plus d’argent, le gouvernement donne 10 millions $, mais rien pour le court métrage. Ça ne leur tenterait pas un petit 100 000$ pour le court, pour sa diffusion, sa promotion? »

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