entrevue
Jeudi 12 septembre 2013 à 16h00

Alain Chartrand parle de La maison du pêcheur

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Alain Chartrand sur le plateau de La maison du pêcheur

Le film québécois La maison du pêcheur prend l'affiche ce vendredi, le 13 septembre. Alain Chartrand réalise le long métrage qui met en vedette Mikhail Ahooja, Vincent-Guillaume Otis, Charles-Alexandre Dubé, Benoît Langlais, Luc Picard, Kevin Parent et Geneviève Boivin-Roussy. Chartrand a écrit le scénario de la chronique historique avec Jacques Bérubé et Mario Bolduc.

La maison du pêcheur raconte l'histoire de Bernard Lortie, le fils d'un pêcheur gaspésien, qui débarque à Percé et fait la rencontre Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard, des militants indépendantistes, qui viennent d'ouvrir un établissement appelé « La maison du pêcheur » pour faire de l'animation sociale. Beaucoup de gens à Percé, surtout des commerçants locaux, ne sont pas ravis de voir arriver ces jeunes qui veulent changer le Québec et protéger les travailleurs.

Pourquoi s'attarder à cette partie de l'histoire du Québec? « Il y a eu Les ordres de Michel Brault qui racontait l'histoire des gens qui se font arrêter sans mandat en 1974 et il a eu eu Octobre de Falardeau avec les cellules Chénier et Pierre Laporte. Il y avait vingt ans entre les deux films. Je trouvais qu'il manquait quelque chose. Je ne savais pas qui étaient ces jeunes-là, à quoi ils pensaient politiquement, quelle était leur orientation. Je trouvais que c'était un chaînon manquant. On sait qu'il y a eu mort d'homme et que l'armée a été impliquée, mais qui sont ces jeunes-là, d'où ils viennent, on ne le sait pas. Lorsqu'ils étaient à Gaspé, ils étaient pacifistes, ils n'avaient aucune intention de mettre des bombes, ils étaient même contre. »

« Jacques Bérubé a fait une recherche de deux ans à Percé. Il a rencontré des personnes qui étaient là à cette époque; les deux maires, le chef des pompiers, les policiers, tout ça dans le but de faire le film le plus authentique possible », explique Alain Chartrand.

Le film a été tourné en noir et blanc, un choix artistique plutôt risqué. « Les distributeurs aiment moins ça le noir et blanc parce qu'ils croient que ça rebute les gens, mais je tenais à le faire ainsi. Quand je suis allé en Gaspésie en 1967, c'était la misère noire, c'était gris, noir et blanc. Il y avait une pauvreté incroyable à cette époque-là. Le film, dans sa finalité, est une tragédie et je savais que si je le tournais en couleur tout le côté coloré des hippys et la musique gaie auraient pris un peu trop d'importance par rapport à l'histoire sombre que je voulais raconter. »

La première et la dernière scène sont, quant à elles, en couleurs. « C'était pour actualiser, c'était pour marquer le retour en arrière. Les personnages sont très paniqués, très tendus. Je voulais qu'ils soient vivants et pour moi « vivant », ça signifie un peu « couleur ». »

Luc Picard et Raymond Bouchard figurent au générique de beaucoup de vos films. « Ce sont des hommes de grands talents, mais aussi évidemment, des amis. Je savais dès le départ qu'ils feraient partie de la distribution. Les autres ont tous été castés. J'ai vu une dizaine de Paul Rose, une douzaine de Bertand Lortie, mais je suis très satisfait du choix que j'ai fait dans chacun des cas. Mikhail, à mon avis, est le prochain Roy Dupuis. »

Il fait beau dans presque toutes les scènes, est-ce que c'était prévu ainsi dans le scénario? « Non, j'aurais aimé avoir des séquences de pluie, mais il a fait beau tous les jours à l'été 2012 à Percé. Mon directeur photo Pierre Mignot n'aimait pas ça parce que le ciel était toujours bleu, pas de nuages, et en noir et blanc, le bleu donne du blanc. Alors à l'étalonnage, après le montage, on a tout refait les cieux, on a mis des nuages, un peu de gris. On a beaucoup travaillé pour recréer le ciel parce que sinon ça aurait été toujours tout blanc. »

À qui s'adresse le film plus particulièrement? « Je voudrais toucher les jeunes. C'est pour ça que j'ai pris le point de vue de Bernard. Je voulais que les jeunes se posent des questions, comme mon personnage s'en pose. »

Le film a aussi beaucoup d'analogies avec le printemps érable. « Effectivement. Le permis qu'on a refusé à ces jeunes pour La maison du pêcheur c'est un peu comme la loi 78 pour les Carrés rouges. Leur dire qu'ils n'ont pas le droit de manifester c'est complètement antidémocratique. L'histoire - malheureusement - se répète... »

La maison du pêcheur est distribué par Les Films Séville.

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