Décidément le DC Comics Universe (ou ce qu’il en reste puisque désormais la Warner a décidé de séparer les aventures de son écurie de super-héros suite au naufrage artistique et économique de « Justice League ») n’a pas la chance de son concurrent Marvel niveau qualité. Si le succès a été parfois au rendez-vous (comme avec « Aquaman » par exemple), on ne peut pas en dire autant de la valeur des différents films. Il est même difficile de dire qu’il y en a un de réellement bon (hormis peut-être le léger, amusant et coloré « Birds of Prey »). Le premier « Wonder Woman » a été le plus gros succès du catalogue mais n’était déjà pas transcendant, loin s’en faut. Et bien cette séquelle est encore moins réussie, sans pour autant être un naufrage, elle est juste datée et jamais surprenante. C’est comme si les films Warner/DC Comics étaient voués à être juste moyens. « Wonder Woman 1984 » souffre des mêmes tares (en moins pire) que « Suicide Squad » : le visuel est correct mais alors l’histoire est gangrénée de scories. Pourtant, à l’époque, « Batman VS Superman » sous la tutelle de Zack Snyder augurait d’un univers fouillé, sombre et ténébreux, malheureusement abandonné.
La première demi-heure est néanmoins réussie. La scène introductive dans l’Antiquité avec les Amazones donne le la. Décors fastueux et exotiques, effets spéciaux bluffants et séquences d’action impressionnantes nous émerveillent les yeux. Puis, arrivé dans les années 80, la présentation des personnages et de l’intrigue suit son cours et c’est ensuite que cela se gâte durablement. Le film dure plus de deux heures et demie et c’est beaucoup trop pour une histoire pareille et une super-héroïne qui n’a pas la carrure sur la longueur. Entre le début et la scène d’action suivante il ne se passe pas moins d’une heure et quinze minutes! Pour un blockbuster de la sorte, c’est une faute de rythme et de logique de ne pas avoir de séquence spectaculaire pendant plus de la moitié du film. Alors si l’on ne s’ennuie pas pour autant, on a l’impression de beaucoup de remplissage et de moments inutiles qui auraient pu être destinés à autre chose. Le script est donc bien le talon d’Achille de cette suite. Il n’est pas toujours cohérent avec cette histoire de pierre magique sortie d’un autre temps et prétexte à tout et surtout n’importe quoi (comme la résurrection de l’amour de toujours de notre Amazone). Il y a un peu d’Indiana Jones dans cette intrigue sauf que ce qui passait bien il y a trente ans n’a pas forcément le même rendu aujourd’hui…
Justement! Que dire de la promesse de cette plongée dans les années 80 et ce sentiment de nostalgie vendu à grand renfort de publicité durant la promotion… Et bien c’est la douche froide également puisque hormis les quelques séquences humoristiques dues en majorité à Chris Pine et vite évacuées, le revival eighties n’a pas lieu. Que ce soit au niveau de la bande originale plutôt pauvre, du contexte spatial (Washington n’est pas la meilleure ville pour un retour nostalgique dans le passé) et, à moindre mesure, des accessoires et décors on est un peu frustré et déçu à ce niveau. Ensuite, le final est tout aussi pauvre que dans le premier film, qui était noyé sous un irritant déluge numérique, mais pour une autre raison. Ici, on a droit à un bouquet final bien mou du genou et banal qui ne marquera que ceux qui ne regardent jamais de blockbusters. Enfin les motivations du méchant principal ne sont pas claires et notre préférence va clairement à la seconde méchante incarnée par Kirsten Wiig, véritable valeur ajoutée mais sous-exploitée du film. Un peu comme Poison Ivy dans le carnage « Batman et Robin ». En bref, ce n’est pas déplaisant mais c’est très décevant et un peu trop lisse et mal écrit pour convaincre. Vivement « Black Widow »!
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