Voilà la première pensée qui nous vient à l’esprit en sortant de la projection de ce film aussi insignifiant que foireux : comment le grand Mel Gibson (on parle de l’artiste et non de l’homme) a-t-il pu nous pondre un truc pareil? Car si ce fut l’une des plus grandes stars des années 80 et 90 en tant qu’acteur (un peu moins depuis une dizaine d’années où il enchaîne les films oubliables et obscurs pour payer ses impôts à l’instar de Nicolas Cage ou Bruce Willis), c’est aussi un grand cinéaste. Il est certes l’auteur du controversé « La Passion du Christ » mais aussi et surtout de trois très grands films : « Braveheart », « Tu ne tueras point » et l’immense chef-d’œuvre « Apocalypto ». Alors le voir à la tête d’un simple suspense aussi minimaliste comme « Vol à haut risque », qui plus est raté et semblant tout droit sorti de l’obscur rayon d’un vidéo club des années 90, est aussi surprenant que décevant.
On est face à un long-métrage sans aucune ambition artistique, un pur film d’exploitation qui ne serait même jamais sorti en salles sans Gibson aux manettes et Mark Wahlberg devant. D’ailleurs, probablement conscient de la nullité et de l’insignifiance de la chose, le studio a décidé de mettre l’acteur et le côté action en avant. Sauf que tout cela est mensonger puisque les rôles principaux sont tenus par Michelle Dockery et Topher Grace, qui jouent bien trop premier degré pour un film presque parodique et souvent ridicule, et que Wahlberg est plus en retrait. Et pourtant il est seul sur l’affiche de cette production roublarde et malhonnête dans sa promotion. Quant à ce qui a trait à l’action, hormis les cinq dernières minutes plutôt impressionnantes et amusantes quoique débiles, il n’y en a pas puisqu’on est face à un huis-clos aérien circonscrit dans l’habitacle d’un minuscule avion. Donc on est vraiment atterré du début à la fin de voir ces deux artistes se réunir pour un projet aussi anecdotique, banal, daté et réalisé avec une paresse incroyable.
Dès la première séquence, on se dit que cela ne va pas le faire. On semble tout droit devant un Direct to Video d’antan pour qui a connu cette période antérieure au streaming. Une série B sans intérêt et photocopie de tant d’autres aussi vite vues qu’oubliées. Et rien ne trahira cette impression durant quatre-vingt-dix minutes qui ont au moins le mérite de passer vite. Car, en effet, c’est assez bref et rythmé pour ne pas ennuyer même si ces minutes s’avèrent plus (involontairement) drôles et ridicules que palpitantes. Les rebondissements sont prévisibles au possible, il y a plein d’invraisemblances et l’intrigue est d’une trivialité qu’on oserait même plus décemment présenter à un studio. On ne peut même pas se raccrocher sur les paysages de l’Alaska qui sert de décor au film puisque « Vol à haut risque » ne les montre quasiment pas. Quant au jeu de Mark Wahlberg, totalement en roue libre, on ose espérer que c’est de l’auto-parodie volontaire... Car sinon, lui et son postiche à mourir de rire sont vraiment à plaindre. Incroyable de voir un truc pareil en 2025 ou alors pour se fendre la poire et se moquer!
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