J’hésite un peu à vous l’avouer, car j’aurais bien aimé vous dire le contraire, mais je me suis plutôt ennuyé en allant voir « Vers un avenir radieux ». Bien sûr, comme toujours, j’ai adoré entendre parler italien (et on parle beaucoup dans le dernier Moretti). J’ai bien aimé aussi revoir Barbora Bobulova, une actrice slovaque qui fait carrière en Italie, excellente ici dans le rôle de Vera, l’enthousiaste adjointe du maire communiste.
Le sujet ne manque pourtant pas d’intérêt. Un cinéaste en fin de carrière, qui peine à réaliser son nouvel opus, s’interroge sur l’avenir de son art, menacé par les plateformes à la Netflix. Sa femme, qui est aussi sa productrice, se questionne plutôt sur les lendemains de son couple.
Moretti dit s’être inspiré du Fellini de « Huit et demi ». Mais n’est pas Fellini qui veut. Là où son grand devancier a réussi un chef-d’œuvre en jonglant avec l’amour et le cinéma, Moretti a plutôt produit un long métrage bavard et confus. Certaines scènes sont interminables, en particulier celle où le vieux cinéaste intervient sur le tournage d’un jeune collègue, lui reprochant le dénouement hyperviolent de son film. Je veux bien croire que l’on est ici dans la fantaisie, mais la scène est peu crédible et le propos est cliché.
Les critiques québécois ont accusé Denis Arcand d’être réactionnaire avec Testament. À tort, à mon avis. Mais je ne crois pas me tromper en affirmant que Moretti se montre ringard et passéiste dans « Vers un avenir radieux ». Comme le dit un blogueur sur Allociné, le réalisateur ressasse des obsessions qui étaient charmantes à l'époque de « Journal intime », mais qui sont devenues depuis agaçantes et énervantes.
La scène finale (attention, je suis en train de la divulgâcher) est surprenante et peu convaincante elle aussi. Après nous avoir fait traverser bien des crises, le film soudainement les surmonte. « Grâce au cinéma, nous dit le réalisateur, qui a le pouvoir magique de nous faire redécouvrir la légèreté et l’envie d’être heureux ». Ah bon ! On a beau être dans un film italien, c’est un peu fort de café.