On adore quand le cinéma québécois nous surprend! Et on ne peut nier son incroyable vitalité depuis une dizaine d’années, que ce soit avant les mesures extrêmes qui ont tout mis à l’arrêt au Québec durant l’ère Covid et à la reprise. S’il est bien un cinéma canadien qui rayonne à l’international c’est bien celui du Québec, plus que toute autre province. En revanche, on peut sans peine assurer qu’il s’aventure très rarement vers le cinéma de genre voire quasiment jamais. Si ce n’est le film de zombies « Les Affamés » il y a quelques années, c’est un peu comme en France : un territoire qui fait visiblement peur aux producteurs. Et à tort, tant la réussite de « Vampire humaniste cherche victime consentante » donne envie d’en voir plus de ce type de la part de la Belle Province.
En plus d’investir le terrain du film fantastique, ce premier film (et oui, en plus) prend le parti risqué de parler de vampires. Un domaine qui est peut-être l’un des plus rebattus du cinéma de genre. Mais il a l’intelligence de le faire avec mordant, c’est le cas de le dire, puisqu’ici le thème est pris de travers par le prisme de la comédie noire. Et c’est parfaitement négocié. Pas de parodie ici ou d’humour potache et lourd mais un véritable don pour l’humour à froid que ne renierait pas le Barry Sonnenfled de « La famille Adams ». C’est d’ailleurs à ce film et son excellente suite que l’on pense beaucoup sans pour autant sombrer dans le plagiat. Cependant, l’atmosphère propre au Québec plane sur « Vampire cherche victime consentante » et empêche toute comparaison trop simpliste. Le film prend sa propre voie et joue avec les codes du film de vampires sans s’en moquer et avec brio.
La première moitié est excellente et fait souvent sourire grâce à de multiples trouvailles. L’idée de cette jeune vampire traumatisée dans son enfance qui ne veut pas tuer est excellente et permet des développements souvent drôles, rarement effrayants (mais ce n’est pas le but) mais toujours bien en phase avec le sujet. Les seconds rôles, de la famille inquiète en passant par le drolatique JP en victime potentielle devenue vampire par accident, sont bien campés et réjouissent la plupart du temps. La seconde partie s’essouffle un chouia en partant vers le sentimental mais le scénario est bien écrit et permet de passer outre. Les codes esthétiques et gothiques du genre sont respectés et impeccablement assimilés dans le cadre montréalais pour accoucher d’une bonne petite surprise. Un film fantastique amusant et surprenant qui prouve la vitalité d’un cinéma qui essaie, sort de sa zone de confort et révèle des auteurs comme la jeune Ariane Louis-Seize, épatante de maitrise de son sujet pour une première œuvre.
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