Frissons audio.
Ce petit film d’épouvante canadien était précédé d’un buzz plutôt flatteur depuis quelques mois. Alors quand le distributeur indépendant à la mode A24 a mis la main dessus pour une belle petite somme, cela a encore augmenté la curiosité autour du projet. Cependant, on peut aussi avancer que la firme se diversifie et n’est plus forcément gage de qualité tout le temps à l’instar de sa concurrente Neon à qui l’on doit aussi bien le qualitatif « Longlegs » que le pétard mouillé « Shelby Oaks ». Par exemple, A24 a distribué des œuvres cultes telles que « Midsommar » ou « I saw the TV Glow » tout autant que la bouse « Y2K » ou le raté « Opus ». Bref, en se développant, ces deux boîtes de production ne sont plu synonymes de qualité à tous les coups et c’est exactement le ressenti que l’on a devant ce « Undertone ».
Pas que ce premier film à budget microscopique soit mauvais ou vraiment raté mais sa réputation semble avoir été quelque peu galvaudée par quelques amateurs du genre peu regardants ou des festivaliers fragiles. En l’état, ce long-métrage inaugural de Ian Tuason ressemble davantage à une bande démo pour avoir sa carte d’entrée à Hollywood. D’ailleurs il serait peu étonnant que le jeune homme se retrouve alpagué par un gros studio pour un prochain film d’horreur à haut potentiel ou comme tâcheron d’un nouvel épisode de franchise issu du « Conjuringverse » ou autre « Scream ». En effet, « Undertone » fait ressortir d’indéniables capacités de mise en scène, notamment dans la gestion de l’espace, des recoins aux ombres en passant par les mouvements de caméra improbables en plus de savoir optimiser son concept à la base peu cinématographique.
On pense, de loin, à l’un des plus grands films d’horreur contemporains « Sinister ». Si ce dernier faisait peur avec ses petits films cauchemardesques en super 8, malsains et qui nous tétanisaient de peur, « Undertone » prend le parti de l’auditif pour effrayer et c’est plus complexe. Bruits étranges, chansons d’enfants à l’envers, cris de bébé, voix démoniaques et tutti quanti, l’arsenal de la peur auditif est bien là mais ça fonctionne par intermittences seulement. Il faut bien avouer que tout amateur de film d’horreur est forcément habitué à cette armada sonore et qu’il en faut plus pour effrayer ou mettre mal à l’aise. La manière dont la peur est amenée de manière exponentielle au fur et à mesure que le long-métrage progresse fait également penser, toujours de très loin, à « Le projet Blair Witch » avec peu de choses à se mettre sous la dent avant un final choquant et culte.
Sauf qu’ici, on est en 2026. Vingt-cinq ans plus tard, difficile de faire peur de la même manière en capitalisant sur le fait que l’histoire à laquelle on assiste est vraie suite à une campagne sur le net. Alors si les dix dernières minutes sont assez effrayantes et marquantes, il faut se farcir une heure et demie de podcasts et d’errance dans une maison qui virent vite au monotone légèrement longuet. L’actrice de « La Servante écarlate », Nina Kiri, fait ce qu’elle peut avec talent et conviction mais le tout n’est pas vraiment passionnant avec son lieu unique avec un seul personnage. « Undertone » satisfera davantage ceux qui voient des films d’horreur occasionnellement que les passionnés. Et si l’atmosphère est soignée et plutôt angoissante, le mystère avec ce démon tueur d’enfants et la mythologie derrière est particulièrement brouillon. Dans le genre de la petite bobine horrifique venant du pays des caribous, il faut plutôt découvrir le très effrayant « Dream Eater » qui n’a pas eu le succès escompté.
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