Puits sans fond.
Disposer d’un budget dérisoire n’est pas forcément synonyme de ratage ou de mauvais film. Notamment dans le sérail du film de genre, on peut affirmer sans crainte que certaines pellicules totalement fauchées ont accouché de films percutants voire de classiques. Prenons par exemple les cas extrêmes « Le projet Blair Witch » ou « Paranormal Activity » qui, avec des budgets de quelques milliers de dollars, ont su faire frissonner des salles entières, bien aidés par des campagnes de promotion très malignes. Et sans être des chefs-d’œuvre, ils ont marqué à leur manière le cinéma. On a également plein d’exemples dans le cinéma indépendant sans le sou qui ont surpris par leur qualité en transcendant le manque de moyens par des idées à chaque coin de la pellicule comme « Reservoir Dogs » ou « C’est arrivé près de chez vous ». Bref, ne pas avoir de budget n’est pas une excuse pour livre un mauvais film. Dans le cas de « The Well » on pourrait dire que le réalisateur aurait pu s’abstenir. Car quand on n’a rien à raconter, mieux vaut ne pas tourner. Hubert Davis prend le risque de faire un film postapocalyptique sans argent, ce qui est louable, ambitieux et même faisable, ce n’est pas le premier. En plus, il prend un postulat intéressant puisqu’il est question d’écologie, plus précisément de pénurie d’eau, un sujet ô combien essentiel dans les décennies à venir. Malheureusement, il n’en fait pas grand-chose.
« The Well » essaie de nous tenir en haleine durant à peine quatre-vingt-dix minutes mais n’y parvient pas. Confiant au début, le spectateur voit les minutes passer plus le film avance. Et quand le générique arrive, un seul sentiment nous parvient : tout ça pour ça! L’intrigue minimaliste consistant à trouver un filtre pour un puits familial est aussi simpliste (elle tient sur un timbre-poste) que confuse. Pourquoi les personnages restent dans ce campement tenu par une femme méprisable? On ne le saura jamais ou c’est bien mal expliqué. Une intrigue secondaire sert de remplissage et agit comme un aveu de faiblesse narratif. Les acteurs se débrouillent et font ce qu’ils peuvent avec cette intrigue, si on peut l’appeler ainsi, sans grand intérêt. De plus, le contexte est mal défini et on est frustré de ne pas en savoir plus quant à cet or bleu devenu une ressource très recherchée. Davis tente de masquer le vide de son intrigue par une mise en scène naturaliste, presque onirique par instants, mais il ne berne personne. Finalement, on sent les contraintes budgétaires de partout (c’est excusable) tout autant qu’un manque flagrant d’inspiration (ça l’est beaucoup moins). Bref, « The Well » est un long-métrage complètement anecdotique et dénué d’intérêt comme le brouillon d’un étudiant en cinéma...
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.