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The Shadow's Edge

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Rémy Fiers

Mal de tête et crise épilpetique en vue.

Véritable carton en Chine, ce film d’action hong-kongais a aussi fait figure d’événement puisqu’on y voyait le retour des septuagénaires Jackie Chan et Tony Leung à la baston dans un blockbuster du cru à très gros budget. « The Shadow’s Edge » peut en effet mettre en avant son casting très en forme et ses qualités techniques où tous les ingrédients d’une grosse production spectaculaire sont là. Et le résultat plaira très probablement aux afficionados et inconditionnels du genre ainsi qu’aux nostalgiques des films d’action des années 90 et surtout 2000. Néanmoins, le traitement d’une intrigue au demeurant classique mais qui aurait pu être efficace par Larry Yang sera frustrant pour d’autres, notamment ceux moins enclins à ce type de cinéma. De notre côté, on y a vu un beau gâchis tant les choix aussi bien formels que narratifs ne jouent pas en faveur du long-métrage et que ses qualités sont le plus souvent annihilés par ses défauts.

Le problème est simple voire unique, quasiment seul fautif du résultat très mitigé du film : tout ici, du montage, au rythme en passant par les dialogues et la manière dont est traitée la trame narrative, semble confondre vitesse et précipitation. Au bout des deux heures et vingt minutes que dure « The Shadow’s Edge », on a l’impression d’avoir le cerveau en compote tellement le film est fatigant dans tous ce qu’il entreprend. À ce titre, la séquence d’ouverture qui montre un braquage hors du commun est éloquente. Le style est là ainsi que les moments spectaculaires et tout concourait à mettre en branle un moment d’anthologie mais on n’y voit pas grand-chose et on n’y comprend rien si on veut saisir la séquence dans les détails et l’assimiler. La manière dont le film est monté frôle souvent l’illisible, difficile donc d’apprécier les combats, fusillades et la machination mise en place par les méchants. Quant aux motivations de chacun des personnages dans cette affaire de technologie de pointe et de cryptomonnaie, les informations et les dialogues sont débités à une vitesse si démente qu’on n’a pas le temps d’en saisir les tenants et les aboutissants, ajouté au fait qu’il y ait beaucoup trop de personnages difficiles à identifier. Bref, c’est fatigant et quasiment tout le film sera de cet acabit...

Pourtant, au vu du superbe (et bien mis en avant) décor de la ville de Macao, de la classe de la police et des cambrioleurs, entre le flegme « Ocean’s Eleven » et l’inventivité d’une équipe « Mission : impossible », et d’affrontements généralement spectaculaires, ce blockbuster aurait pu être un superbe divertissement. Mais il se retrouve coincé entre ces tics épileptiques de narration et ses séquences stroboscopiques datant du pire du cinéma américain d’il y a deux décennies et les progrès visuels de maintenant. « The Shadow’s Edge » ne laisse jamais aucune pause au spectateur et c’est bien dommage. Quand on sait que « John Wick » et autres sont passés par là depuis... En outre, les notes d’humour et le côté léger de la première partie se marient plutôt mal à l’aspect tragique revendiqué par certaines séquences en forme de tragédie grecque par la suite, donnant au film une tonalité bancale. Bref, si ce n’est quelques morceaux de bravoure disséminés de-ci de-là et qui n’échappent pas à notre regard fatigué et ces deux vieux acteurs qui en mettent plein la vue en plus d’un discours bien senti sur l’IA, c’est trop intense et éreintant pour qu’on y prenne vraiment plaisir.

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