Dans un paysage cinématographique où le monde des super-héros (que ce soit Marvel, DC ou autre) commence à accuser un sérieux coup de fatigue à force d’avoir été pressé comme un citron jusqu’à la dernière goutte, oser des personnages moins connus peut être une gageure. De qualité comme de succès. Parfois cela fonctionne comme avec « Suicide Squad » premier du nom (pour le succès) et « The Suicide Squad » second du nom pour (la qualité). Mais d’autres fois c’est plus compliqué comme le prouve le triste four de « Blue Beetle » même s’il y en a eu bien d’autres. Supergirl fait partie de ces personnages moins connus du grand public, souvent cantonnée au second plan comme dans la catastrophe « Flash » de feu le DCEU. Avec le lancement du DCU, James Gunn a donc décidé d’offrir le second gros film de son univers à ce personnage féminin. Un personnage bien moins populaire que son cousin « Superman » qui, lui, a essuyé les plats avec succès l’an passé. Loin des choix torturés et de plus en plus décriés de la vision de Zack Snyder, Gunn a choisi les couleurs, la gaudriole et une certaine légèreté. Fidèle à lui-même en somme.
Et, en effet, « Supergril » a beau avoir été réalisé par un autre, on reconnaît directement la patte de Gunn, que ce soit sur l’aspect visuel chatoyant, le goût pour les anti-héros et les créatures mais aussi sur la déconnade nostalgique avec bande originale pop à la clé. D’ailleurs on ne reconnait pas beaucoup du réalisateur venu du cinéma indépendant Craig Gillepsie (à qui l’on doit « Moi, Tonya ») dans ce film. Un choix étonnant mais dont la personnalité ne transparaît pas vraiment ici, probablement broyé par le cahier des charges de tout blockbuster hollywoodien. La bonne idée pour se démarquer de Clark Kent est d’avoir pris l’option space-opera pour ce film plus risqué. On nage donc ici entre « Star Wars » et « Les Gardiens de la Galaxie » (forcément) dans l’ambiance et le contexte et parfois même à « Dune », via les flashbacks qui dénotent et semblent appartenir à un film plus tragique. La première moitié du film, on est plutôt client même si le film est loin d’atteindre ses modèles et aspirations. C’est frais, l’héroïne, jouée par une Milly Halcok parfaite pour le rôle, est attachante et les séquences d’actions et situations amusantes s’enchaînent correctement. En un mot : c’est fun!
Puis, presque sans s’en rendre compte, on commence à se lasser. Les planètes sur lesquelles se posent l’intrigue sont toutes ressemblantes et les péripéties également. Cela laisse fleurir le vrai défaut du film : son scénario. « Supergirl » souffre en effet d’un script bien trop mince et générique à base de vengeance et de chien à sauver. Alors si ça fonctionne au début, faute de renouvellements d’enjeux déjà bien minces, on finit par trouver tout cela vain et répétitif. En outre, les personnages secondaires sont majoritairement ratés. En grand méchant, Matthias Schoenaerts s’avère bien fade et peu effrayant comme menace. Quant à Jason Momoa en gentil/méchant et futur personnage récurrent du DCU, il est ridicule et complètement inutile à l’intrigue, comme une pièce rapportée. Autant son jeu en roue libre permettait – au second degré – de sauver « Fast X » en tant que méchant complètement dingue, autant ici c’est nul. Idem pour la gamine aux basques du personnage principal. Le final – pas assez spectaculaire et original qu’attendu – nous remet un peu de carburant mais il ressemble fort à celui de « Black Widow ». Bref, « Supergirl » c’est comme une sucrerie : au début on aime ça et puis on s’écœure vite. Et on aurait surtout aimé quelque chose de plus trash et impertinent...
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