Couples en folie.
Les comparses Michael Angelo Covino et Kyle Marvin reviennent quelques années après leur remarqué « The Climb » avec ce « Splitsville, libre échange ». Le contexte change mais ils traitent toujours de la dynamique de couple, cette fois par le biais du couple ouvert et de l’échangisme plutôt que de l’adultère. Ils se sont une nouvelle fois donné les rôles principaux. Et si leurs qualités d’acteurs ne sont pas à remettre en cause, on pourra trouver leur choix de partenaires féminines peut-être maladroit. En effet, Dakota Johnson et Adria Arjona sont des canons de beauté et on a un peu de mal à croire à leurs couples respectifs dans le film, même si on sait que le physique ne fait pas tout. On sent qu’ils ont voulu se faire plaisir mais cela impacte l’alchimie, le réalisme et la complémentarité des différents duos. Peut-être qu’ils n’auraient pas dû se mettre en scène ou alors ils auraient dû choisir des actrices au physique plus classique et passe-partout. Cela n’empêche pas le quatuor d’exceller niveau jeu; ils s’approprient tous superbement les succulents dialogues écrits par ces messieurs, des dialogues qui croquent parfaitement les rapports amoureux et de couple de notre époque.
« Splitsville, libre échange » démarre d’ailleurs sur les chapeaux de roue et on ne sait jamais où l’histoire va nous embarquer. Entre le prologue aussi drôle que tragique et une bagarre d’anthologie aussi dingue que marrante, la première heure du film est un régal. Aussi incisif que corrosif, Covino joue avec les mœurs d’aujourd’hui, notre rapport avec le sexe ou la manière d’appréhender les relations amoureuses avec un regard d’une pertinence folle. On est vraiment dans une comédie pour adultes. Une comédie qui nous amuse davantage avec ce qu’elle dit et les interactions des personnages que ce qu’elle montre, hormis la fameuse scène de la bagarre, plus axée sur un comique visuel qui rappelle une scène culte de la Palme d’or 2024 « Anora ».
La mise en scène de Covino est particulièrement agréable à l’œil. Très léchée, entre la photographie sépia et des plans esthétisants mais pas trop, le long-métrage est aussi agréable à regarder qu’à écouter. Le rythme est soutenu durant une bonne partie mais le film enchaîne tellement les moments mémorables, les punchlines qui claquent et les rebondissements amoureux qu’il ne parvient malheureusement pas à tenir la distance. En effet, il s’essouffle avant la ligne d’arrivée et on doit dire que la dernière demi-heure fait un peu du surplace et lasse. Et la conclusion n’est pas vraiment satisfaisante ni crédible. Dommage, car si « Splitsville, libre échange » avait tenu la cadence jusqu’au bout, il aurait figuré au panthéon des comédies indépendantes américaines cultes et inoubliables. Surtout que le film était accessible à tous types de spectateurs. Mais ne boudons pas notre plaisir c’est quand même un petit bijou d’intelligence et d’humour.
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