Sawterie.
Quoi, encore un épisode de cette lucrative saga? Une saga qui avait démarré avec un chef-d’œuvre inoubliable du genre puis s’était enfoncé dans l’invraisemblable et le ridicule juste pour ramasser de l’argent. Si le second épisode s’avérait prenant et le troisième pas trop mauvais mais excessivement gore et écœurant, les cinq épisodes suivants devenaient répétitifs et surtout grotesques. On pensait donc la saga enterrée mais c’est sans compter l’imagination du comédien Chris Rock qui a décidé d’écrire un script en rapport avec le fameux tueur aux pièges. Ni véritable reboot, ni véritable spin-off et pas vraiment une suite non plus, ce « Spiral, l’héritage de Saw » est un film hybride où un tueur imite les actes du John Kramer des huit épisodes de la saga. Et le comédien est parvenu à faire venir Samuel L. Jackson et Max Minghella en plus de lui-même devant la caméra et de faire revenir Darren Lynn Bousman, réalisateur des épisodes 2, 3 et 4 derrière. Donc ce neuvième épisode (ou épisode 1 bis) s’avère plus prestigieux d’apparence mais il n’apporte malheureusement rien de nouveau, ni rien de plus palpitant ou qui donnerait quelque chose de plus à la mythologie « Saw ». L’ombre du célèbre tueur plane forcément sur toute l’intrigue mais tout cela n’a rien de révolutionnaire tant ils en auraient inventé un nouveau que ce serait revenu au même. On sent bien que l’équipe en charge ici tente de ramener un peu plus les habtiudes des autres films vers quelque chose de plus sérieux, plus proche du film policier à la « Seven », mais cela ne change pas grand-chose : si ce n’est les pièges et le modus operandi du tueur qui font office de lien prétexte avec les autres films, on est juste devant un banal film policier du dimanche après-midi.
Ceci dit, ce nouvel épisode est loin d’être désagréable si on est fan de la saga ou de ce genre de films gore. D’ailleurs à ce niveau ce n’est pas l’épisode le plus chargé en hémoglobine et séquences écœurantes de la saga mais les quelques pièges imaginés ici sont encore une fois inventifs et pourraient heurter les âmes sensibles. On retiendra notamment celui des doigts et de l’eau particulièrement imaginatif. En revanche, l’identité du tueur est facile à trouver pour qui est un minium attentif et logique. Quant à la toute fin, aussi abrupte soit-elle (et ouverte à de nouvelles suites), c’est le meilleur moment du film. Surprenant et aussi jusqu’au-boutiste que le film original avec le retour du fameux thème musical de la saga. En revanche, Chris Rock en tête d’affiche ne colle pas du tout l’univers de ces films. Et l’humour qu’il essaye d’y injecter sonne faux et agace. On préfère le reste du casting même si l’interprétation des acteurs n’a jamais été le souci premier dans ces films de série B. Malheureusement. On passe donc un moment de divertissement sympa mais un peu réchauffé et parfois cheap qui ne relancera pas forcément une saga moribonde. Un bon point : le fait de faire du tueur un vengeur pour les policiers corrompus est bien vu et d’actualité mais cela reste juste une ficelle de l’intrigue plus qu’un thème de fond, on reste dans la série B inoffensive. En résumé, ce nouvel avatar apparaîtra peut-être comme une petite madeleine de Proust revisitée pour les nostalgiques de ce tueur mythique du cinéma de genre. Avec encore une fois un bon point pour l’ambiance sale et malsaine propre à la saga. Sinon circulez y’a rien à voir!
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