L’idée était alléchante et relevait presque du jamais vu... Mais elle était sacrément risquée. On aurait pu frôler l’indigestion ou faire face à un micmac narratif sans queue ni tête. Mais c’était sans compter sur les têtes pensantes du Marvel Cinematic Universe qui l’ont fait et on ne peut dire qu’une chose : c’est plus que réussi! Bien plus jubilatoire que le raté « Justice League » et tout aussi jouissif que les différents épisodes des « Avengers », le MCU connaît la recette des réunions de super-héros. Mais ici, c’est encore autre chose puisqu’on entre dans ce fameux multivers tant attendu. Si dans les comics cela passe sans accrocs, à l’écran c’est tout autre chose. Cela pouvait sembler téméraire, mais le script parvient à faire rentrer les trois sagas dans un seul film de deux heures et trente minutes d’une manière si simple et limpide que cela confine au génie. Bien sûr il fallait que tous les intervenants des trois sagas soient partants et c’est le cas. On peut en parler sans déflorer des secrets de polichinelle avoués à grand renfort de marketing, mais qu’il est plaisant de retrouver trois générations de Peter Parker sur la grande toile. C’en est presque émouvant et cela fait remonter une certaine nostalgie qui nous surprend. Idem pour les vilains de la saga quasiment tous réunis, et qu’il est original et notable de voir que, pour une fois, il ne faut pas les anéantir mais les sauver. Belle idée! Ce « Spider-Man, no way home » s’apparente presque au « Sinister Six » avorté de Sony qui devait réunir, à la manière d’un « Suicide Squad », les méchants iconiques de l’univers de Spidey. Ici on a donc une sorte de buffet royal majestueux, généreux et maîtrisé d’un personnage et de ses différentes itérations. Un best of en quelque sorte mais qui ne se contente pas de faire du fan service (même si celui-ci est fort présent).
En effet, on ne compte pas les clins d’œil et les références à toute une génération de spectateurs, mais au MCU également. On sent que ce film avait une importance énorme pour le futur de cet univers au succès devenu incontournable, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas. Et les fans sont servis sans que cela fasse forcé tandis que les autres ne feront pas forcément attention et prendront leur pied quand même. On regrettera juste un petit ventre mou avant le final ainsi que ledit final, impressionnant mais encore une fois dans le noir et en pleine ville. Depuis le magnifique « Les Éternels », on a envie de voir des lieux de combats un peu différents. Mais Spider-Man reste un héros citadin alors... Enfin, le fait de prendre le Bouffon vert (encore) comme vilain principal n’est pas le meilleur choix mais cela reste personnel. Octopus ou le Lézard étaient plus réussis. Hormis ces minuscules réserves, c’est un plaisir de gamin de chaque instant. « Spider-Man, no way home » est émouvant, drôle et rythmé au possible. Jon Watts commence à connaître la chanson et livre le meilleur opus des trois de sa saga et, surtout, il confirme que Tom Holland est clairement la meilleure incarnation du super-héros. L’acteur est vraiment bon tout comme son amoureuse à l’écran Zendaya. Enfin comment ne pas saluer la qualité d’effets spéciaux sidérants. Pas le meilleur film de super-héros de tous les temps certes, ni du MCU, mais un pari réussi et un sacré pot-pourri du meilleur de l’univers Spider-Man. Bravo!
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