Bis Reptita.
On assiste ici à l’exemple même de la suite parfaitement dispensable d’un film qui avait pourtant charmé sur bien des points par son originalité, sa folie et la radicalité assumée de sa proposition. En 2023, « SISU, de l’or et du sang » nous avait en effet largement conquis. Un film d’action finlandais entre « Mad Max » pour le côté courses motorisées et cascades proches de l’invraisemblable, « John Wick » pour son héros seul contre tous et un film de guerre sérieux pour son contexte de Seconde Guerre Mondiale. Voir cet homme à la recherche de son or dézinguer les nazis sur sa route à tour de bras dans un joyeux bordel sanglant et sans concessions avait quelque chose de particulièrement simple et jouissif. Et puis le long-métrage évitait toujours le Z et le n’importe quoi par sa grâce visuelle. Un rollercoaster simple, efficace et généreux.
Comme le film a eu son petit succès à l’international, les producteurs ont forcément eu l’idée d’une suite. Et pourquoi pas tant certaines séquelles amplifient les qualités d’un film original consacré. Cette fois, notre soldat finlandais ne va pas combattre les nazis puisque la guerre est finie mais l’armée soviétique, notamment l’assassin de sa famille incarné par le méchant de « Don’t breathe » et « Avatar ». Il s’agit de Stephen Lang qui semble s’éclater face à un antagoniste mutique, sorte de Rambo nordique et âgé des temps passés. Toujours aussi improbable, toujours aussi excessif et toujours aussi linéaire, ce « SISU, le chemin de la vengeance » n’a malheureusement pas le charme naïf du premier opus qui sortait des sentiers battus et nous surprenait. C’est bien simple, cette suite est une copie conforme du premier hormis le fait de changer les opposants et les manières de les éliminer. Une suite facile, presque opportuniste qui semble prendre le spectateur pour un lapin...
Heureusement, on ne s’ennuie pas, la technique au niveau des séquences d’action que ce soit combats, cascades ou séquences motorisées spectaculaires est toujours là. Et puis le film dure une heure et vingt minutes montre en main. Jalmari Helander sait toujours manier sa caméra et rend son héros encore plus mythique et crépusculaire, laissant toute once de réalisme au placard. Et Jorma Tommila a toujours autant la gueule de l’emploi. Mais honnêtement, difficile de trouver ne serait-ce qu’un soupçon de valeur ajoutée par rapport au premier ici. Pire, il va parfois même trop loin dans le n’importe quoi. Les séquences du tank, de la fusée ou encore du couteau caché (on ne vous dira pas où) frôlent l’insulte à notre intelligence. Même si ça semble assumé c’est un peu trop. On a donc droit ici à quarante minutes de courses et combats en camion et la même chose en train. Point à la ligne. Il est donc de rigueur d’être déçus avec cette totale et de préférer la fraîcheur du premier. C’est peut-être la dernière scène, légèrement belle et émouvante qui nous marquera le plus d’ailleurs...
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