Belle rom-com!
Sortie dans le torrent de films à l’eau de rose - interchangeables à l’infini – produits par Netflix, c’est vraiment sa réception et ses retours très positifs qui nous ont dirigé vers elle. Sinon, las d’un genre trop codifié et surtout tiré vers le bas par le streaming, on n’aurait probablement pas jeté un œil à ce « Voicemails for Isabelle ». Et on aurait eu tort, tant cette comédie sentimentale est réussie et fait partie des petites exceptions miraculeuses d’un genre balisé et de plus en plus souvent destiné à ses seuls afficionados. C’est bien simple, il y a des ingrédients indispensables pour faire sortir une œuvre de ce type du panier sans fond de ce type de productions formatées jusqu’à l’écœurement. D’abord, il faut une prémisse originale qui marque l’esprit. Ensuite, il est obligatoire que le duo star fonctionne, qu’il y ait une alchimie probante à l’écran. Enfin – et c’est peut-être le plus important – il faut une bonne dose de magie, de cette dose de miracle qui fait le sel de tout long-métrage romantique réussi. Et bien ce film les détient en grande majorité.
Dès les premières images on sent que cela va fonctionner. La partie enfance de l’héroïne est amusante, tendre et belle. Il y a un côté espiègle qui, en quelques scènes, montre la relation très forte entre le personnage principal et sa sœur atteinte d’un cancer. Et « Voicemails for Isabelle » de se moquer malicieusement des films romantiques et tragiques du style « Nos étoiles contraires ». Il n’empêche, le début est bouleversant, sublime même, parce qu’on croit à leurs liens indéfectibles. La suite rejoint davantage les rails de la pure comédie romantique et son postulat lorgne fortement sur « Vous avez un message » avec Tom Hanks et Meg Ryan, auquel le film rend un hommage tout aussi malicieux, en version contemporaine. Zoey Deutch, vue dans le chef-d’œuvre « Anniversary » ou « Nouvelle vague », est le rayon de soleil du long-métrage. Tout lui va et elle nous fait passer toutes les émotions possibles et inimaginables. En face, malgré tout le bien que l’on pense de lui (la comédie romantique gay « I love Simon »), Nick Robinson fait un peu pâle figure, il est mignon mais il manque de chien, il apparaît trop lisse et manquant d’expressions.
« Voicemails for Isabelle » peut se targuer d’avoir vraiment ce qu’il faut pour nous charmer. On a le cadre idyllique (et idéalisé bien sûr) de San Francisco ainsi que des seconds rôles amusants ou encore un humour parfois inusité dans ce genre de productions. Il y a une alternance de moments drôles et d’autres plus touchants. Dans tous les cas, on vit l’histoire de ces deux tourtereaux réunis par une messagerie vocale avec passion. Alors on pardonnera aisément une bande originale pop très kitsch alors que le film commençait avec un choix musical bouleversant au début : « « To Build A Home » de The Cinematic Orchestra. Et on fera l’autruche également sur quelques passages un peu niais qui remettent parfois le film dans les clichés du genre qu’on a plus envie de voir. À ce titre le final pousse un peu le bouchon trop loin, en durée comme dans ce qu’il nous montre. Dommage, car le film loupe le culte (pour le genre) de peu.
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